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28/12/2011

un monde ... QUEL MONDE ?

« un monde...
                 Quel Monde ?»
                    

                      Certains hument avec délice
  le- grand-air-du-large-chargé- d’embruns
    …et  s’offusquent  d’un  alizé de  Vérité.  


Avertissement: évitant la forme trop lourde des conditionnels et des formules de précaution ampoulées, les considérations qui suivent ne sont basées sur aucune connaissance reconnue dans les domaines des sciences, ni exactes ni autres. Elles sont le résultat de la réflexion qui a accompagné une vie largement marquée par des préoccupations qu’on assimile généralement à la "survie existentielle" - certains diront d’ordre métaphysique - et dès lors par une approche "another way round" de sujets essentiels pour nombre d’entre nous.
Pour ces raisons, que le Lecteur ne prenne rien de ce qui  suit pour monnaie sonnante, mais qu’il veuille bien considérer par contre que le propos n’est pas pour autant, ni nécessairement…trébuchant. En toute occurrence qu’Il laisse monter en lui «l’écho signifiant» des sujets abordés. Tant il est vrai que c’est le récepteur qui est le message, quel que soit la forme dans laquelle celui-ci a été émis. 

Motivation: Face à des crises majeures qui se répètent il est vain d’espérer reprendre le cours d’une évolution soi-disant vertueuse basée sur la seule "croissance", comme semblent le suggérer ceux qui prétendent qu’il est possible de changer valablement et durablement le cours des événements rien qu'en édictant, dans le droit fil du passé, de nouvelles lois - encore - et en créant, encore, de nouveaux moyens de contrôles et de contre-pouvoirs au niveau mondial, après y avoir peu réussi au niveau des Nations.
Des tentatives d’amélioration et/ou de…"moralisation" de la gestion (socio)économique occupent aujourd’hui les sphères politiques de la Planète, particulièrement en Occident. Certes ce qui est fréquemment présenté comme une "avancée décisive" a une valeur, ne serait-elle que marginale, même si elle présente à terme, comme souvent, des contre-effets  inattendus, voir indésirables. 
De même il faut saluer les prises de conscience et les volontés d’amendements des comportements qui se mettent en place avec plus ou moins de succès. Néo- éco-, bio-, et autres terminologies inventives prénommant une volonté de changer des habitudes soudain perçues comme environnementalement et planétairement suicidaires. 
Certains autres enfin, animés d’un optimisme extra divergeant, affirment percevoir au contraire une amélioration constante, au milieu de turbulences adventices, tant des principales conditions d’existence de l’Humanité que de l’application des Valeurs, le tout dû à l’action de l’Homme. Dont acte… .
Mais hormis ces efforts, qu’on le veuille ou non, c’est l’Homme, d’abord, qui doit, qui devrait changer évoluer, car le stade de déliquescence atteint par ses modes de pensée et par le sens a/immoral qui sous-tend de nos jours les relations inter humaines pourrait, à une échéance imaginable, repousser l’Humanité dans une forme de "sauvagerie compétitive de survie" aussi sournoise que faussement inattendue… 
Et ce n’est pas seulement l’Homme dans ses comportements coutumiers qui est en cause, toutes autres choses restant pareilles, mais l’Homme dans les fondements-mêmes de sa  Nature… 
Impensable ! Impossible !... VRAIMENT ?  

Préambule résumatoire: Depuis de quelques millions à moins vingt mille ans sans doute, dans le cours de l’Evolution qui mène à l’Homme issu de Sapiens, les processus de maturation de la Pensée ont contraint le bénéficiaire de celle-ci à s’interroger sur la (notion de) mort et (le mystère de) l’origine des choses.
Après que, dans un premier temps, pléthore de déités extrapolées de son environnement et de son imaginaire se soient imposées à lui en réponse à cette interrogation (moins trois cent mille à moins trois mille ans), se sera affirmée l’évidence apparente d’un Dieu unique et tout puissant, dont l’existence et le profil proclamés de manière éminemment suspecte auront emporté la conviction tant craintive que combative du plus grand nombre de ses affidés (moins deux mille six cent à moins deux mille ans).  Et avec celle-ci la croyance en la réalité d’un Créateur de l’Univers.
Une nouvelle étape (moins deux mille à nos jours) aura amené ensuite à intégrer transcendentalement cet élément divin dans l’état d’Humanité et à promettre à celle-ci, sous conditions acceptables, une translation différée de l’état de la mort vers une éternité individuelle  revalorisée et magnifiée. 
Parallèlement et depuis plusieurs millénaires -trois à cinq peut-être- des êtres humains, sans doute accidentellement  sensibles(*), ont découvert par et pour eux-mêmes les failles contenues dans les mécanismes du génome humain.
(*) Certaines mouvances ésotériques ont classifié l’Humanité en catégories de sensibilités différentes quant à leur capacité à comprendre et adopter l’attitude de « l’Eveil ». Il s’agirait des groupes : ° Hylique, incapable de percevoir au-delà du domaine physiologique ; ° Psychique,  bloqué à l’horizon du cérébral ; ° Pneumatique, le seul capable de se détacher des contingences psycho somatiques et de pouvoir donc atteindre à l’état ultime.
Il faut, nous semble-t-il, admettre des situations intermédiaires et même croisées entre ces catégories. On peut en outre penser que d’une part, accéder à une situation intermédiaire, où la pneumatique n’est pas nécessairement totale, constitue déjà un progrès déterminant. D’autre part il n’est pas du tout évident qu’il s’agisse d’un classement hiérarchique. Chaque groupe peut avoir sa spécificité dont il apporte le bénéfice à la collectivité.  C’est d’ailleurs là tout le sens et la raison de la démarche à la base du présent essai. 
 
Les voies d’accès à la gnose, ensemble des disciplines et moyens de recherche de cette connaissance particulière dont l’aboutissement est souvent dénommé "Eveil" ou "Libération (du soi)", ont été largement masqués aux facultés cérébrales acquises par mutation(s) et adaptation(s) par l’Homme. Celui-ci éprouve, dans sa grande majorité, le sentiment angoissant que ce sont là les seules facultés qui lui permettront d’accéder aux connaissances ultimes nécessaires pour atteindre un état libre de toute l’angoisse existentielle qui le torture. Il ne lui apparaît pas à l’évidence que ce sont les moyens même qu’il croit pouvoir utiliser pour échapper à cet état qui en créent largement les conditions.   
Etant arrivé, principalement grâce à ses acquis intellectuels, à inventer les moyens de sa survie, l’Homme reste terrorisé par une Nature dont les déferlements échappent à son contrôle. Être physiquement fragile et vulnérable il aura fabriqué dans la confusion de son imaginaire, au départ d’occurrences hors de portée de son intelligence, une réponse virtuelle et donc fictive sous forme d’une "Puissance Extérieure Absolue" et cela en accord avec ses fonctionnements logiques intrinsèques. Cette solution, intellectuelle plutôt que biologiquement factuelle, rend le hiatus entre le réel du « maintenant » et l’incompréhension qu’il en a plus facilement supportable.
Elle lui donnait en outre, par le fait d’une filiation privilégiée supposée, quitus d’une exploitation sans réserve de son  environnement, et cela sans réelle capacité de concevoir les conséquences, à termes divers, de ses actions.    
Il y a lieu également de tenir compte de deux particularités redoutables parmi d’autres à peine moins cruciales dont l’Homme aura été doté en dérogation à tous les critères essentiels en vigueur dans la Nature. A savoir la perte de tout sens inné de satiété en même temps qu’une auto identification spatio-temporelle prolongeant ses effets dans la conscience pour y renforcer son sentiment unitaire au bénéfice de ses réflexes d’autodéfense.
Le temps entraînant une maturation de la Pensée, (cinquante à vingt-six siècles après le début de notre ère et pour plusieurs dizaines d’années si pas de siècles encore sans doute), on peut penser que s’éteindra dans le courant de l’Histoire Moderne l’argument explicatif d’un Dieu, dans sa version anthropomorphe tout au moins. Et en corrélation, l’extinction de toute mainmise religieuse s’affirmant comme guide pour des fidèles endoctrinés peu (in)formés. Sans pour autant résoudre la quadrature, et ceci pour la bonne raison qu’elle ne peut l’être au moyen de cette Pensée qui fait la particularité essentielle de l’Espèce.
Qui sait cependant, l’Homme sera peut-être arrivé à conclure, et il est le seul à pouvoir le faire, qu’il lui est impossible d’atteindre ce niveau de compréhension en utilisant ses capacités intellectuelles. Il sera alors amené à rejeter tout recours à une Puissance Supérieure par l’appel à la Foi, qui est stricto sensu un acte de logique cérébrale.  
L’amplitude de la rémanence du paradigme divin, encore fortement ancré auprès de certains groupes culturels ou  sociaux, ne connaît qu’une pérennité apparente qui se résorbera probablement au fur et à mesure des progrès de la Science pure, de l’Enseignement, de l’Information et des poussées vers la Démocratie, tous facteurs largement extrapolés d’un modèle occidental qui, bien que loin d’être exemplaire, aura suivi un parcours d’avant-garde où les valeurs directrices, cédant sous la pression d’une cupidité de faibles, auront été cannibalisées par un libéralisme historiquement élaboré, dérivant à l’ultra.   
Ceci a comme conséquence que l’Homme Moderne est de plus en plus en position de (re)trouver sa vraie place, aussi exogène soit-elle, dans la Nature et pourra donc avec de plus en plus de liberté se jauger et se comprendre lui-même avec plus de justesse que lorsque sa vue, son cœur et sa volonté étaient masqués par les nuées entourant le Mont Sacré.
Certes on peut constater que le hasard a amené le génome à se développer essentiellement par ses caractéristiques intellectuelles, qui l’auront ainsi placé dans la Biosphère à la pointe des types d’évolutions. Car il y a eu manifestement maturation du «compost neuronal» qu’est la Pensée Collective et donc transformation, sur le long terme. Peut-être. Car l’Energie première ne retrouve sans doute jamais exactement l’apparence précédente, alors même que les règles fondamentales restent inamovibles. Des changements interviendront encore, aussi inouïs que ceux que nous n’osons même pas imaginer dans le parcours passé. Il faut s’attendre sans doute à une translation de l’ère Physio-Instinctive atteinte par la biosphère (cela depuis quelque quatre-vingt millions d’années ?) vers un monde dominé par un courant essentiellement Neuro-Synaptique. Sera-ce un stade avancé de dispersion et dès lors d’entropie. Le début d’une fin ?     
Une fin dont on ignore, irrémédiablement, les contours et qui pourrait tout aussi bien être le retour au Chaos d’une Energie qui fonctionnerait dans une dimension, nouvelle ou déjà existante mais jusqu’ici ignorée, non perceptible ni opérante pour l’Homme.
Une évolution qui ne peut que suivre le fil, invisible et inconcevable, d’une évidence qui se déroule petit à petit vers un …autre monde :      
                                                                         *  *  *

        un monde... Quel Monde ?
N.B 1: Les notes de bas de texte ne sont pour la plupart pas des renvois à des références tiers, mais bien des «réflextensions» adossées au texte  principal.
N.B 2: Pour les références bibliques qui ne sont pas citées en plein texte, ouvrez éventuellement dès maintenant le moteur de recherche suivant:
(Ctl>) http://www.portstnicolas.org/le-phare/le-texte-biblique-e...

  L’HOMME REMONTE T’IL…. A L’APGHA ?  
L’évidence à peu près généralisée s’est installée, depuis la récente seconde moitié du vingtième siècle, à tout le moins pour nous occidentaux: l’Homme est un animal. A part entière, strictement soumis aux règles immuables de la Nature de la même manière que tous les éléments qui en font partie et cela sans aucune intervention extérieure autre que la réalité et la rigueur des lois biologiques.  
Il n’y a en effet que peu d’années, en Occident tout au moins et là où règne l’esprit occidental, que l’homme se met à envisager l’homme sans majuscule et sans à priori de source divine. Il y a peu d’années que l’on s’autorise à admettre pour l’Espèce un passé paléontologique reposant sur les seuls et mêmes systèmes de fonctionnement que ceux qui ont façonné et façonnent toujours l’ensemble du Vivant.
En cette qualité nous avons été, sans exception aucune, modelés par les lois évolutives de la Nature, c’est-à-dire par des mutations génétiques adaptatives, des évolutions, exclusivement d’ordre physiologique, dues au hasard combinatoire et adoptées à courte vue - tout étant relatif - sous des pressions environnementales majeures bien que de portée régionales et de durées, paléontologiques certes, limitées.
Mais à quel moment se situe le point d’inflexion de cette Evolution qui introduit dans les fonctionnements systématiques de la Nature un nouveau paradigme: celui de la dominante neuro-synaptique ? Quelle mutation suivie de sélection et de prolongation génétique aura déclenché cette différenciation entre des espèces proches ? Comment et quand depuis le primate précurseur puis l’Hominidé, l’Homo et in fine l’Homme se seront-t-ils séparés du tronc commun ? Et où en était le tronc commun quand l’Homme s’en est détaché ?  …
Les connaissances solidement étayées en paléontologie de l’humain étant rares et évanescentes et les témoignages et traces directes éparses, retrouvés n’étant pas nécessairement représentatifs des réalités courantes quotidiennes du passé, on pourrait se permettre de fantasmer sur un parcours génomique et imaginer, par exemple, un Ancêtre-Paléo-Géologique-Humanoïde-Absolu. Cet….APGHA (souriez), genre multiracial aux branches génétiquement compatibles,  aurait possédé déjà la plupart des caractères physiques, essentiels par leurs conséquences adaptatives potentielles, qui se retrouveront notamment chez les HOMO: la verticalité, mais encore essentiellement «suspendue», arboricole; l’opposabilité du pouce et la pronation-supination des extrémités; la malléabilité et le fractionnement osseux de la boîte crânienne ainsi que le positionnement de cette dernière sur l’axe squelettique; des réseaux neuronaux, synaptiques et endocriniens particulièrement développés.     
Cet ancêtre -imaginaire cela va de soi, fût amené à affronter une crise (ou séries espacées de crises d’un même ordre) qui aurait dû lui être fatale. La fragilité de sa constitution physique, sa vulnérabilité, favorisée par une existence sans grands dangers dans les frondaisons des forêts africaines en fin de la Pangée(*) fût alors l’objet d’une mutation étrange…
 
(*)La formation du Gondwana et du Laurasia, les deux supercontinents issus de la dislocation de la Pangée devrait dans cette hypothèse, pour que tout s’imbrique logiquement,  remonter à bien moins de temps que là où on la situe. Hypothèse sans doute farfelue pour les scientifiques spécialistes du domaine (mais n’a-t-on pas déjà connu à d’autres occasions des revirements étonnants de leurs certitudes…). Par contre le laps de temps peut être rallongé si l’APGHA s’était effectivement situé dans l’ordre des lémuriens comme le laisse entendre certains chercheurs.  
 
Au lieu -en plus pourrait-t-on dire, quoiqu’à tort si "plus" indiquait autre chose que le pur et simple monde somatique- de ne voir que ses seuls caractères anatomiques s’adapter plus avant, par le hasard des mutations, de l’évaluation de leur adéquation aux circonstances et de leur sélection "naturelle", c’est la fonction de mémoire, qu’il possédait au même titre que l’ensemble du Vivant, qui sans doute se transformât. Il bénéficia alors d’un accroissement majeur de ses capacités et aptitudes neuronales, dans un fonctionnement de plus en plus centralisé géré par l’interconnexion intense d’un système synaptique qui ne ferait ensuite que se développer, en grande partie par le fait d’être intensément exercé par un mental fonctionnant à la manière d’une vis sans fin...ou d’une cage à écureuil.  Les premiers éléments de la Pensée se déployaient ainsi, accompagnée de ses scories et amorçant un gigantesque « compost neuro-synaptique » qui mature encore et plus que jamais aujourd’hui.
Il faut souligner aussi que, contrairement à ce que beaucoup tendraient à penser, il s’agit ici d’un phénomène exclusivement physiologique, tout comme le sont toutes ses émanations. Cependant bien que de même nature il est en final d’un ordre foncièrement différent.
A ce stade d’évolution déjà (fin Crétacé ?...), une irréversibilité des caractéristiques majeures, distinctives du génome humain, pourrait avoir été atteinte.
Certes l’APGHA aura engendré au cours de son évolution de nombreux taxons, des ethnies HOMO qui auront bénéficié de certaines de ses caractéristiques anatomiques. Cependant n’étant pas dotées simultanément des développements du cerveau supérieur, encore mal stabilisé il est vrai, aucune d’entre ces familles n’aura pu survivre plus que quelques centaines de milliers d’années, au mieux.  En d’autres mots, dans ce processus d’évolution, l’ancêtre primate pré hominidé ne pouvait, à très peu de chose près, que donner naissance aux hommes que nous sommes aujourd’hui. (*)
 
(*)  « à très peu de chose près» n’est pas une expression innocente. Les nombreuses races de la Planète ne vivent, ni n’ont manifestement vécu les mêmes phénomènes depuis qu’ils ont quitté la zone de peuplement initiale. Des adaptations-évolutions et même des mutations «de surface» peuvent avoir marqué les peuplades regroupées dans leurs nouveaux habitats. Des variables comme les climats, les configurations géographiques, la biodiversité, tout comme les événements historiques, socioculturels et économiques, ont très certainement eu un impact sur les comportements. 
Mais il serait difficile de croire que les races telles que nous les observons, faites d’individus portant des caractères fondamentaux globalement identiques, puissent être le résultat de mutations profondes, hasardeuses par nature, qui auraient eu lieu dans différentes parties de la Planète à des moments différents de la Préhistoire, affectant des races apparentées mais différentes.
 Il faut donc en conclure que toutes les races humaines de la Terre sont des variantes d’une seule Espèce, d’une seule Race, présente dans un même endroit du Globe à un moment précis du temps paléontologique et dotée de caractères majeurs identiques.
Se pose alors la question de savoir quels sont les caractères suffisamment déterminants que pour qu’une fois dispersés, tous les individus de l’Humanité aient été et soient restés aussi semblables et à quel(s) moment(s) de l’Evolution ces caractères auront été sélectionnés et confirmés génétiquement au travers de tout le génome. 
On pourrait de même avoir peine à croire que la dispersion de cette Espèce, au même moment ou à des temps différents, ait pu avoir lieu suite à de simples mouvements de curiosité pour « les choses de notre Monde »…! Si les races issues de l’APGHA vivaient à l’origine dans la zone, considérée largement comme ce qui est appelé le Rif Africain, parce que celle-ci était probablement une des seules régions du Globe leur permettant de vivre avec le peu de moyens dont ils étaient naturellement dotés, ils eussent été fous -et ils n’étaient pas encore des hommes- de s’aventurer et aller se fourvoyer volontairement dans des lieux et des climats souvent inconfortables si pas tout bonnement hostiles !
Il est vraisemblable par contre que les individus des races génétiquement compatibles ont dû être, dans leur zone d’origine, à un moment donné, grâce à des conditions de vie particulièrement favorables, extrêmement nombreux. Les groupes étaient en outre probablement plutôt sédentaires que nomades. Ceci expliquerait une grande amplitude et vitesse de fonctionnement des processus darwiniens, à cette époque et dans ces conditions particulières, et qui n’auront pas été renouvelées par la suite.   
La promiscuité, qui devait être grande, ne peut cependant expliquer une diaspora mondiale volontaire. La distance de "rupture spatiale d’apaisement" ne devait pas être bien grande à cette époque qu’il n’ait été possible de restreindre les éloignements migratoires ayant pour objectif l’apaisement et la sécurisation ethnique. 
L’explication ne tiendrait-elle pas plutôt à un (des) bouleversement(s) des structures terrestres qui aurai(en)t « projeté » les individus des différentes races associées alors qu’ils étaient déjà dotés des caractères essentiels du Génome dans des mouvements de fuite amplifiés par les éléments -en en supprimant énormément au passage- hors de la zone de peuplement initial, «aux quatre coins» d’une Planète encore largement mono tectonique. Et que ce serait au départ de ces points de chute-là, sans nécessairement faire montre de prodiges exagérés de hardiesse, de courage et d’ingéniosité, que se seraient dispersés nos ancêtres, devenus nomades, pêcheurs, cueilleurs, chasseurs-piégeurs-charognards, par nécessité, à la recherche de nouveaux endroits de (sur)vie adéquats. 
Il devrait d’ailleurs en avoir été largement de même pour nombre d’autres espèces ?
On peut également avancer un dernier indice qui plaiderait pour une acquisition précoce des caractères déterminants de notre Génome, à savoir la proximité phylogénétique, parfois très grande, présentée avec d’autres groupes de primates dont certains auraient atteint leur stade d’évolution très tôt dans la Préhistoire ( ?).
 

  CERVEAU HUMAIN ET POKER MENTEUR
       Au fil des millénaires, de cerveau post-reptilien en cerveau supérieur l’APGHA, devenu HOMO, puis SApiens-SApiens, se retrouva nanti d’un néocortex.
Il est bien entendu évident que le "cerveau Sapiens" ne nous est pas "venu comme ça". Les facultés ou les particularités qui seront évoquées plus loin sont le résultat d’un nombre incroyable d’acquisitions, transformations, adaptations qui ont fait du contenu de notre encéphale un incroyable bricolage dont l’activation "correcte"(?!) et pérenne relève tout bonnement du miracle dont nous ne connaissons, en ce vingt et unième siècle, pas encore dans le détail – un euphémisme - les ressorts explicatifs. 
Comme il en va habituellement dans la Nature, les caractéristiques de notre génome se sont donc établies in ilo tempore, sans qu’il ne soit tenu compte de la possibilité de dérives à plus ou moins long terme, dues à des extensions parasitaires ou à des déphasages par rapport à des conditions environnementales d’adoption ayant entretemps changé. En outre l’apparition et le fonctionnement de caractères nouveaux pouvait être perturbé par la rémanence partielle des niveaux précédents ceux-ci entrant éventuellement en conflit larvé avec les fonctionnalités nouvelles. Il est en effet fréquent que l’on retrouve dans l’évolution des éléments de la Biosphère la(les) trace(s) actives ou pas de vestiges et parfois aussi l’influence persistante d’un niveau antérieur dans, où parallèlement à, une adaptation nouvelle aux contraintes du milieu. Que les adaptations soient évolutives ou mutatoires, ce phénomène de rémanence est clairement présent dans le parcours qui mène de l’APGHA à l’Homme Moderne. De la machinerie animale en évolution mais encore toujours dirigée par les lois -les règles- de fonctionnement de base de la Nature à la complexité croissante d’un monde neuro-synaptique alimenté de plus en plus exclusivement par ses propres productions. Et cela sans que l’on puisse déterminer nécessairement le moment où l’un ou l’autre changement aura eu lieu ni pourquoi, ni comment. Ni non plus d’ailleurs séparer clairement une incidence majeure de l’autre.
Après des millénaires de maturation, prendre conscience de la réalité et des caractéristiques de ces adhérences archaïques et éventuellement de ce qui les aura occasionné. Repérer ce qui aura causé ou permis les dérives qui sont apparues comme des diverticules si pas des métastases cancéreuses dans l’adaptation de ces mutations essentiellement cérébrales qui ont comme particularité structurelle le fait d’être de type ouvert (Tech. "open ended"), c’est-à-dire qui permet toutes les extensions possibles sans direction imposée, annonce clairement un nouvel état potentiel. 
Nous rendre compte de ce qu’il ne s’agit pas, pas autant que nous le croyons, de situations irrémédiables est en soi l’amorce d’un changement qui, s’il opérait en profondeur constituerait une authentique (R)évolution. Voir en quoi une grande partie des développements qui sont venus se greffer sur ces mutations ne pouvaient à terme qu’aggraver et non réduire les risques de dérives, constitue, peut-être aussi, la mise en marche de ce changement dont, en termes de chapitres longuement déclinés de l’Histoire de l’Humanité, la nécessité se fait sentir dès aujourd’hui de plus en plus douloureusement, sans cependant qu’un terme de non-retour précis puisse être défini.     

  LE COU DE LA GIRAFE et  LE RICOCHET HUMAIN
Contrairement à certaines mutations qui ont eu lieu dans le règne animal et qui apparaissent comme étant de type fermé ("closed ended"), comme c’est le cas du cou de la girafe par exemple, celles intervenues dans l’encéphale de l’ancêtre hominoïde (l’APGHA…), annonçaient des prolongements indéterminés. Dans le même temps les caractères anatomiques, eux, avaient tendance, par transfert d’effort vers le mental sans doute, à évoluer vers un affaiblissement tant congénital qu’acquisitif.
Ce type de mouvement ouvert s’alimente lui-même, comme le caillou qui ricoche, avec une perte de plus en plus importante de l’énergie initiale. Ceci mène à une situation de déliquescence telle qu’elle atteint un point où, soit intervient une transformation de nature – le "saut en qualité" dont se délectent les prévisionnistes, bien qu’il s’agisse en l’occurrence de bien plus encore – soit intervient un état d’entropie qui, s’il se généralise peut aller jusqu’à se propager à l’ensemble. L’Apocalypse, ou le Big Crunch qu’envisagent certains (*)
 
(*) …ce qui n’est pas tout à fait vrai, mais convient bien, autant à la métaphore de début qu’aux prévisions de la fin. Le Big Crunch notamment étant contesté maintenant qu’il semble démontré que l’Univers est en expansion constante. Cette utilisation frauduleuse, involontaire ou au contraire très consciente des concepts intellectuels est assez typique de deux attitudes classiques du mental : soit la paresse devant l’inutilité estimée, soit l’action perverse aboutissant à une tricherie délibérée destinée à se placer avantageusement dans un environnement social… 
 
LA "MAIN GAGNANTE" ILLUSOIRE.
Or la première faiblesse, l’authentique péché concomitant de la mutation originelle qui nous aura amené à « penser » en lieu où avant d’agir, est la Pensée elle-même, en tant que faculté à interroger et décrire le réel au-delà d’une perception  purement physiologique et cloisonnée dans ses éléments. A partir du moment où nous avons pensé, il nous devenait impératif d’expliquer. Et ne trouvant aucune évidence dans notre perception quant aux origines  éloignées des choses et de la nôtre propre, ce vide devait être comblé, coût que coût.
La deuxième erreur aux fondements encore moins décelables est que nous partions de l’apriori que toute explication rationnelle est nécessairement à la portée de nos capacités intellectuelles. Et que dès lors le phénomène qui échappait à cette règle ne pouvait être que d’une nature différente, transcendantale et dès lors « supérieure » à la nôtre, supérieure étant compris comme "plus élaborée", "d’un autre ordre". C’est de prendre le phénomène perceptif de rationalité comme absolu qui est évidemment le piège de ce processus.     
Ces mécompréhensions nous auront conduits  immanquablement à une interprétation erronée des origines de notre Nature. Celle-ci est ainsi attribuée à l’intervention d’un concept, en réalité virtuel, qui nous dépasserait et qui provient, en un cercle vicieux, de ce qui en est la source. Le raisonnement dont nous ne pouvons nous défaire et qui agit comme un anesthésiant est celui qui nous fait conclure à une supériorité  agissante acquise en quelque sorte "deus ex nihilo". Cette force est ainsi interprétée comme provenant d’une source qui, d’abord multiple est devenue au fil des siècles manifestement univoque: le paradigme divin. Un paradigme réduit par l’étroitesse de fonctionnement de notre esprit à un anthropomorphisme dévolu à combler la brèche angoissante pratiquée dans le continuum d’une Pensée linéaire, tendue à élucider le mystère d’une origine sans commencement explicité, sans cause imaginable et donc inexplicable si le module utilisé est fait de «mémoire, plus références mémorisées croisées, plus choix égocentré par l’entité pseudo autonome (ayant pérennisé ses références d’identification)».
   
DES MUTATIONS ?  POUR QUELLES DERIVES ?

Il n’est pas évident de repérer la/les mutation(s) ou évolutions majeure(s) qui auront transformé le génome de l’APGHA en une ou plusieurs lignée(s) HOMO. Encore moins de déterminer les circonstances de(s) sélection(s) naturelle(s) puis des confirmations génétiques qui auront fait émerger un HOMO Sapiens (le mal nommé…) parmi toutes les variantes qui auront erré dans les campagnes paléontologiques…
Par contre les dérives, immédiates où émergées au fil du vécu de l’Espèce, sont pour l’essentiel sous le quotidien de nos yeux et sont en réalité connues de tous. Mais leurs côtés ressentis comme négatifs sont fréquemment enfouis au fond de nos consciences, tant la conviction règne que nous ne pouvons rien y changer…(*)
 
(*) Or tout sentiment négatif est dangereux lorsqu’il entraîne celui de culpabilité morale. Le péché, la faute "en esprit", en lieu et place de la responsabilité civile fonctionnelle, qui elle ne juge pas l’individu mais ses actes et leurs effets sur l’intégrité des tiers, de leurs droits et de leurs biens.
 
On peut résumer les aspects particuliers de ces mutations où des dérives dont elles sont porteuses en quatre points-clé:      
 
 1. La non homogénéisation, lors de l’évolution, des cerveaux reptilien et «supérieur» et une hiérarchisation très approximative de ceux-ci, avec un retour systématique vers le reptilien en cas de tension concurrente trop forte {le discours des «valeurs», contredit par les comportements réels, exprimé notamment par des constats comme : "Je vois le bien, je l'aime et je fais le mal" (Ovide; Médée, dans Les Métamorphoses) ou "Je ne fais pas le bien que je dis, mais le mal que je ne voudrais pas" (Saül de Tarse – Rm 7:19); "(…) ce libre arbitre auquel nous devons notre faculté de pécher, […], je me demande si celui qui nous a créés a bien fait de nous le donner." (Augustin d’Hippone dit St Augustin dans De Libero Arbitro.) ou encore "Tout homme à son prix" (E. Kant)}
On peut supposer que le cerveau supérieur aura été, dans un premier temps, le résultat d’une évolution de la mémoire simple commune à toute la sphère du Vivant, qui commande un système réflexe, vers une mémoire dynamique, multi critérielle et factoriellement inter connectée dans le cerveau par les synapses, et vers le reste du corps par les connexions neuronales, informant à l’aller, commandant au retour les fonctions nerveuses jusque dans les systèmes endocrinien et lymphatique (?..)
Le développement de cette faculté mémorielle évoluée, qui permet au génome qui en bénéficie d’imaginer –au sens étymologique- et de préempter les  événements, annonce l’imminence du phénomène d’abstraction et enclenche les notions de l’écoulement et donc de l’étalonnement du temps par le jeu de "l’action psychiquement différée". Cette dernière fonction, qui mène de la perception à la pensée en passant par la mémoire se retrouve également branchée sur les espaces de temps qui séparent le moment de l’évaluation comparée des tensions physiologiques qui en découlent, c’est-à-dire des émotions, et le déclenchement par la différence de phase ainsi causée, des réflexes innés ou appris. 
La mémoire simple devient ainsi partie prenante différée de la gestion immédiate du corps conduit dans un premier temps par les instincts-réflexes.
Tout en contribuant à accroître l’efficacité des moyens de survie, le phénomène d’imagination abstractive décrit tend cependant aussi à compliquer et même embrouiller le déroulement de la perception des phénomènes extérieurs et dès lors du processus décisionnel. En effet, s’interpose très systématiquement dans le système décrit un influx émotionnel dû cette fois aux distorsions entre des situations imaginées, faisant partie du domaine intellectuel, qu’elles soient imposées ou même éventuellement souhaitées, et la réalité perçue, ressentie comme différente. Il y a donc chez l’Homme deux types d’émotions. Celles du deuxième type découlent d’une confrontation entre la perception du réel traduite par le cerveau avec l’attente qu’en suggère l’imagination alimentée par une mémorisation subjective due à une distorsion de la connaissance de soi, polluée par l’identification erronée de l’Être due à une confusion avec les apports extérieurs perçus. Plus efficace grâce à son aspect prévisionnel, elle a aussi éventuellement autant de chances de fausser la perception que l’Homme a de la réalité que de l’aider à l’apprécier correctement.
Deux éléments viennent en outre modifier ou éventuellement renforcer ce fonctionnement: l’exemple, par l’"imitation" des meneurs du groupe social, qui indique le degré de réactivité correct à adopter par l’individu sans avoir recours à son propre jugement. Et l’"opinion publique" qui propose à chacun des individus une grille de lecture de l’expérience mise en commun sous forme d’abstractions conceptuelles qui fixent une norme d’"émotion acceptable" (les valeurs communautaires ethniques). On peut voir dans ces processus, à côté des liens du sang, l’amorce des contenus identitaires des groupes sociaux, avec ce qu’ils ont de réducteur et même le cas échéant de destructeur. 

 2. Le fonctionnement linéaire, mono orienté de la pensée ; sa logique de causalité et son orientation acquisitive. 
o Le premier aspect cité, la linéarité, tendrait à montrer l’origine physiologique de la Pensée, par le défilement mémoriel involontaire, mécanique, qu’il indique et qui entraîne comme conséquence la difficulté si pas l’impossibilité de "penser plus d’une chose à la fois". Il impose aussi en permanence un obstacle d’ordre dyslexique, de nature foncièrement binaire, à une réflexion qui serait sans doute plus efficacement multifactorielle.
o Cette limitation bipolaire impose une articulation de la pensée suivant un fonctionnement invariablement basé sur une logique de "cause(s) à effet(s)" qui se justifie lorsqu’elle est appliquée à des problématiques simples portant sur de brèves échéances mais qui constitue une réduction outrancière et dangereuse  quand elle est relative à des problématiques complexes et sur le long terme. A y regarder de plus près il est en effet évident que chaque processus d’accomplissement pris en considération ne peut l’être que parce que l’univers tout entier est ce qu’il est. On remarque de plus en plus souvent et cruellement les résultats de l’application généralisée du principe simplifié sur les environnements éco-biologiques de la Planète, en attendant de les constater sur des sphères encore plus éloignées.
o  Enfin les structures mentales et les éléments qui leur  donnent impulsion fonctionnent essentiellement en termes d’acquisition par accumulation. Etant donné que les moyens d’évaluation sont d’ordre mathématique, les progrès sont jaugés quantitativement plutôt que sur la qualité qu’ils procurent, celle-ci étant fréquemment confondue avec celle-là. En toute occurrence la tendance est systématiquement en faveur d’une logique d’accroissement plutôt que de stabilité et la décroissance est généralement prise comme un vecteur négatif, à éviter à tout prix.  
 La structuration cognitive de l’être Humain s’est construite en  intégrant toutes ces particularités. C’est aussi en  cherchant à en surmonter les faiblesses et les obstacles que s’articulent les principes de la pensée scientifique assistée par les disciplines mathématiques. Celles-ci furent sans doute actives dès l’apparition du cerveau supérieur (dès -40000 ans ?). Elles sont basées essentiellement sur  les principes d’une observation acérée, systématisée et le plus possible débarrassée de toute influence "humaine".  
Les sciences dites "de l’humain" par contre restent soumises, elles, à cette linéarité. Elles tentent de la surmonter tant bien que mal en traitant les données par «paquets», ceux-ci étant considérés comme des entités préalablement clarifiées, homogénéisées et intégrées, interagissant directement à l’intérieur de leur propre niveau telles qu’elles ont été approximativement définies.
La pensée virtuelle trouverait une partie de son origine dans ce traitement différé, fonctionnant au 3ème degré en quelque sorte à la suite du "constat mémoriel" et de "l’abstraction simple". Cependant la qualité incertaine de la structuration des notions constitutives de ces concepts globalisateurs rend le raisonnement qui les utilise manifestement précaire. Le tâtonnement et l’incertitude sont constitutifs du processus intellectuel. Un balayage constant, éventuellement sans objet défini, accompagné d’un sentiment d’insécurité est le lot d’un cerveau constamment agité par une mémoire aux éléments partiels et transformés, interprétés, qui lui confère  une allure jamais apaisée.       

 3.  Un développement anarchique des prolongements au départ des capacités d’abstraction du système intellectuel permet d’expliciter et de théoriser des notions, qui s’avèrent par ailleurs de moins en moins factuelles.
Cette pensée virtuelle activée au départ du néo cortex fonctionne bien au-delà des besoins de la survie biologique, ce qui est pourtant habituellement le seul et unique objet des mutations sélectionnées par la Nature.
Dans un premier temps de l’évolution humaine apparaît, développée au départ de la mémoire ‘originale’ simple, une "pensée-mémoire concrète, descriptive" plus ou moins exacte et complète qui trouve son moyen de communication dans la gestuelle et les onomatopées.
Basée sur la rétention d’empreintes mémorielles de scènes enregistrées par les sens,  elle est à peine différente des systèmes en cours chez les autres espèces. Si ce n’est  sans doute qu’elle interprète d’une manière plus élaborée les événements et les préempte grâce à un système d’échanges synaptiques particulièrement développé et actif. Les caractéristiques physiologiques premières du génome le permettant, les sons utilisés pour communiquer s’affinent à l’intérieur d’une gamme de fréquences, de tonalités et d’amplitudes, tandis que les moyens d’audition s’adaptent pour autoriser la distinction des nuances émises. Ceci entraîne une plus grande précision du langage parlé par l’adoption de variations qualifiantes dans les sons utilisés.
La pensée, attisée par ces possibilités s’affine et de descriptive devient analytique, prédictive et ré-objectivante sur des bases interprétées, largement subjectives cependant.
Une chose entraînant l’autre et permettant d’augmenter l’amplitude des potentialités, la fonction mémorielle déjà élaborée s’enrichit encore de l’apport de constructions fictives, normatives d’états complexes, qui lui permettent de se projeter dans une réalité-fiction soumise à ses seules lois approximatives. Ces concepts, constructions non factuelles, corrigent ou réorientent sur le plan intellectuel ce que l’Homme perçoit comme inique, arbitraire ou carrément absent à l’aulne de ses besoins dans la Nature. C’est la naissance des "valeurs" qui intervient comme un tournant majeur et décisif dans l’évolution de l’Espèce. C’est la faculté d’élaboration de constructions intellectuelles hypothétiques qui est  à l’origine d’un temps nouveau de l’Evolution, une ère dominée majoritairement par les processus "neuro-synaptiques".
Cependant dans la mesure où, à la fois elles s’éloignent des contenus factuels et qu’elles permettent et alimentent les échanges inter personnels, ces constructions intellectuelles accumulent une imprécision grandissante.
Que dire alors de leur combinaison en théories, projets, systèmes, hypothèses, thématiques, conjectures, dogmes, spéculations, opinions, qui fait que les hommes reviennent sans arrêt, depuis la nuit des temps (-50 à -200 000 ans ?), sur les mêmes matériaux cognitifs, réassemblant inlassablement les éléments dans de nouvelles combinaisons auxquelles sont incorporées, à l’occasion de l’une ou l’autre "observation scientifique" de nouvelles données, pour en arriver, parfois, à en améliorer l’ordonnancement pour une meilleure compréhension, une meilleure "intelligence collective".
Cette ère intellectuelle nouvelle possède la propriété d’être flexible et expansive au gré des connaissances accumulées et éventuellement modifiées par les apports les plus récents et leur recombinaison en nouveaux projets. Cependant, combinée aux autres caractères du génome cette ère de pensée virtuelle acquière des connotations dominatrices qui vont jusqu’à mettre l’environnement et ses contenus en danger. A ce rythme tourbillonnant, L’Homme est projeté de plus en plus violement à la périphérie d’un mouvement centrifuge fait de réalisations éblouissantes, certes, mais qui l’éloigne sans cesse du centre de lui-même et l’aveugle quant à sa situation relative dans l’Univers. Toute cette production cérébrale s’accumule donc en une «Neuronosphère» qui évolue à la manière, déjà appliquée par la Nature dans la Biosphère, du principe du compost. Si ce n’est que les débuts de la dernière sphère citée remonte à 3,5 milliards d’années alors que la première en compte, sans doute, un à deux million, trois à cinq au mieux, suivant ce que l’on considère comme étant le début de cette évolution (*).

(*) Les textes fondateurs des prothèses de l’âme humaine attestent de cette prévalence de l’abstraction intellectuelle, comme le suggère l’Evangile selon St Jean 1:1 à 5 «Au commencement était la Parole (traduction: le Verbe; l’Intellect), et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par Elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Elle. En Elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.» Peut-on être plus explicite ?
(*) Un nom a déjà été donné, par P. Teilhard de Chardin: la Noosphère. Les appellations d’Intellosphère ou de Neuronosphère sont peut-être plus clairs étymologiquement et sémantiquement. On pourrait d’ailleurs préférer utiliser la synapse comme vocable racine – sphère neuro-synaptique-, partant du fait que c’est le système de mise centralement en contact des éléments qui est explicatif du phénomène. La facilité syntaxique tout comme une imprécision dans la connaissance du fonctionnement exact des interférences des nombreux éléments qui concourent à ce qui différencie l’Homme de l’ensemble du Vivant, favorise ce choix subjectif de préférence à la précision scientifique.
Le mot "compost", lui, tient au fait que les éléments accumulés doivent «murir», terreauter longuement, étant régulièrement brassés, retournés; abondamment mouillés (le sang et les larmes de l’Histoire étant des éléments puissamment enrichissants). Cet "humus neuronal" créé sur base d’un schéma classique en vigueur dans la Nature, l’éclosion de plus de vie, plus facilement. L’esprit humain y puise depuis des millénaires les éléments sempiternellement brassés dans des formules combinatoires sans cesse réactualisées, retouchées au moyen de notions existantes régulièrement renommées.
 
Et puis il y a la particularité qui est à la racine de  la souffrance morale, de la convulsion existentielle  de l’Homme  et qui colore les premières citées tout en couronnant (au sens équestre) l’ensemble du génome :
 4. L’identification à soi, qui est avant les "moi", "ça", "sur-moi" et autres concepts freudien ou lacanien et les rend possibles. A savoir, l’identification, complète, totale, du nouveau-né (le "presque-né" faudrait-il dire, le petit enfant des évangiles) avec la source même de ses perceptions physiologiques, comme étant différente et donc perçue comme opposée par nature à tout ce qui n’est pas reconnu comme étant identique. Cette "départition" se concrétise d’abord par un sentiment de limitation, de configuration et de contenance spatiales et se confirme ensuite en une personnalisation de plus en plus dépendante de ses idiosyncrasies, renforcée par des imprégnations cérébrales inconscientes parce qu’innom-mées. On peut désigner ce développement par le terme "ego", bien qu’en réalité il soit plus enfouit dans l’être, plus intimement intégré dans la nature même de celui-ci, d’où le risque de le confondre avec cette notion relativement familière bien qu’encore mal connue (*).
 
(*)Mt18 :3-4;Mc10 :14-15;Lc18 :16-17; Jn : nihil…Thomas log.4: «Jésus a dit: « L’homme vieux dans ses jours n’hésitera pas à interroger un petit enfant de sept jours à propos du lieu de la vie, et il vivra. Car beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un seul.») et 37 (Ses disciples dirent : « Quand est-ce que tu te manifesteras à nous et quand pourrons-nous te voir ? » Jésus répondit : « Lorsque, pareils à de petits enfants, vous vous déshabillerez sans avoir honte et que vous prendrez vos vêtements et les piétinerez, c’est alors que vous verrez le fils du Vivant ; et vous n’aurez pas peur.»)  N.B : On notera la différence et de ton et de sens de ces propos, construits au départ de l’expérience intime, profonde, de leur auteur, Jésus, et diversement (in)compris. Et il est tout aussi vrai que le seul qui soit assez précis sur ce fait est J. Piaget (vulgarisé dans «Six leçons de psychologie»). Rien n’y ressemble dans les autres études consultées. C’est dire si la réalité profonde de cette particularité nous est «cachée» et qu’il n’y en a que peu, les "Sages", les "Eveillés", les "Libérés Vivants", qui l’ait pénétrée, sans pour autant l’expliquer scientifiquement.
 * «À ce stade (N.B: de la naissance) les fonctionnements biologiques extra-utérins essentiels ont pris la relève. Le souffle vital est capté par la respiration qui a remplacé le système branchial. Les cycles ''conscient-inconscient'', ''repos-rêve-éveil'' se normalisent, les périodes de sommeil réparateur profond sont plus marquées mais le sommeil paradoxal, commun à la plupart des primates, qui était déjà présent peu avant la naissance, augmente en intensité. […]. Tout ceci est largement automatique, même si parfois volontairement perturbé. La nutrition, elle, par contre demande un effort particulier. Débranché de l'alimentation ombilicale l’être-énergie cherche par tâtonnements tant instinctifs que hasardeux le rétablissement des apports nutritifs indispensables. Ce faisant il active les modes de perception qui façonnent au travers des réponses données par un ''extérieur'' qui n’est en réalité pas encore perçu comme séparé de lui, des schémas marqués par une dichotomie hédoniste qui s’accumulent dans sa mémoire et se classifient sur base de pondérations mémorielles.
Les expériences s’accumulant et se diversifiant grâce à des échanges recherchés ou imposés, la conscience-perceptrice croit repérer l’évidence d’un ''corpus'' défini, et finit par s’enfermer dans la certitude de limites d’espace et de temps qui semblent se structurer. Ces dernières sont perçues comme unifiantes par opposition à des entités  ressenties comme étrangères,  alternativement caressantes ou agressives. Se renforce alors la conviction de la réalité d’un corps-mental qui, se construisant en tant qu’entité par contact-opposition avec un extérieur supposé, pense conférer une identité à l’être-énergie qui est en réalité à son origine.
Les onomatopées suivies des mots et des concepts viennent ensuite symboliser dans le mental les éléments constitutifs de ces expériences sous des formes abstraites qui enregistrent immanquablement un écart, autant par rapport à la charge conceptuelle générale qu’ils véhiculent que par la subjectivité personnelle qui les colorent. Se faisant ils créent un contexte d’approximation de la Réalité, source de confusions mentales. Ils confèrent aussi un caractère de mobilité exceptionnel grâce à leurs contenus signifiants et à leur inter communicabilité. Se précise ainsi la prédominance d’un corps-mental qui reçoit son identité de l’extérieur tout en en percevant les caractéristiques comme venues de l'intérieur.
Se dessinent alors au rythme du sommeil et de l’éveil les contours stroboscopiques, conscients puis alternativement hors du champ de la conscience, de l’état d''êtreté'' original. Celui-ci rendu actif dans un premier temps par la mise en contact hasardeuse des énergies contenues dans les éléments essentiels, évolue peu à peu vers la conclusion, erronée par omission, de l’identification exclusive largement abusive: « je suis ce corps, je suis ce mental». Passant ensuite au plus pressé, l’habitude simplificatrice se renforce en enregistrant dans la mémoire-mental les assouvissements interprétés comme ''désirs'' et les rejets traduits en termes de ''peurs'' en les associant aux stimuli et aux zones érogènes correspondants, le cas échéant détournés au gré de déviances psychiques. 
Ainsi se conclu la première partie d'un parcours qui conduit à cette affirmation aux termes fallacieux : ''ICI, dans ce mental où je ressens ce Monde qui me contient en temps et en espace, et MAINTENANT que je sais grâce à ma mémoire et à mon imagination en être un acteur conscient, moi, personne à laquelle je m’identifie comme distincte d’un environnement qui me fait peur mais qui comporte aussi l’objet de mes désirs, je suis animé de l'instinct frénétique de survie que je ressens comme étant de ma volonté… » in «Réflexion sur l’humain» du même auteur). 

A  LA BONNE FORTUNE DU HASARD MUTATOIRE.
Ce marquage génomique, dû au hasard (erreur génétique = mutation ; évaluation vitale > sélection ; confirmation génétique) et à la nécessité (reproduction :erreur ; pression de l’environnement ; compétition éliminatoire ; évidence combinatoire) amène l’Homme à défendre, à n’importe quel prix si nécessaire, son intégrité tout comme la recherche de la satisfaction de ses besoins vitaux et cela par préférence finale, éliminatoire, au profit de l’entité psychosomatique perçue dans la confusion comme étant son propre individu.
Cette recherche de satisfaction ne concerne cependant pas uniquement ses besoins instinctifs. Elle déborde aussi sur un besoin de sécurité qui est une demande de  l’intellect. Combinée avec le sentiment, dissimulé par précaution protectrice, de sa faiblesse et de sa vulnérabilité toutes deux inhérentes aux caractéristiques physiques de son Espèce, cette perception pousse l’être Humain à accumuler, activement ou quand l’occasion s’en présente et sous couvert si nécessaire de "valeurs" prétendues, des «moyens d’existence» privatifs en quantités provisionnelles déconnectées des nécessités objectives. Il faut en chercher la raison dans une perception, intellectualisée au niveau du psychisme, qui perturbe jusqu’à l’annihiler le fonctionnement de la limitation instinctive qui empêche, chez la plupart des espèces, la recherche de la satisfaction des besoins en dehors d’espaces de temps et/ou de lieux prédéterminés ou au-delà de l’assouvissement et de la satiété.
Le déterminisme qui mène le reste du monde animal au travers de l’action du cerveau reptilien est en effet incompatible avec l’avancée inhérente à la structure « ouverte » de l’acte de penser et de celui de mettre le produit de cette pensée en œuvre, acquis par l’Homme. Cependant on peut penser que la Biosphère est parvenue à un stade où l’abandon imparfait chez l’Homme de cet automatisme régulateur qui n’a pas, pas encore, trouvé son contrepoint correcteur l’entraîne vers un horizon temporel où se profile une rupture.
La sélection et la fixation génétique de ces mutations et la domination de la lignée génomique qui en était dotée dans l’Evolution de l’Espèce, auront eu comme résultat de favoriser un développement qui s’est avéré redoutablement efficace face à la volonté mystérieuse de la survie, au point de menacer les équilibres écologiques de la Planète par le poids d’une présence surnuméraire en progression exponentielle (sur les deux à trois derniers siècles au bout de quelque deux cent mille ans). Or ce déséquilibre trouve sa raison dans la poursuite quasi inconsciente d’objectifs bien au-delà de la simple sauvegarde existentielle, dans une logique affranchie d’une grande partie des lois de régulation de la Nature. Les succès rencontrés dans un premier temps auront donné à l’Espèce l’illusion de dominer l’ensemble du Monde vivant, alors qu’elle se trouvait non seulement en porte-à-faux grandissant avec les règles de la Nature mais en plus, prise en défaut par des réalités dissimulées à son entendement. Evoluant selon une logique spécifique, l’Humanité devra, si elle veut éviter le risque de son élimination, inventer un fonctionnement inédit qui s’accorde avec les règles générales qu’elle ne peut modifier, sans pour autant savoir avec certitude de quelles adaptations il s’agit.
Ce processus impose une attitude d’humilité et de réserve particulière, partant du constat que jusqu’à présent l’Homme n’a jamais été capable de prévoir les conséquences à long terme d’avancées perçues par ailleurs comme utiles si pas majeures, celles-ci constituant systématiquement des transgressions aux lois de fonctionnement universelles.
C’est cette nécessaire humilité qui risque d’être mise sous le boisseau par un Homme rendu arrogant par des succès apparents et qui croirait qu’il lui suffit de modifier légèrement le cap. Cette attitude nouvelle doit passer par une meilleure compréhension de sa position dans l’Univers ainsi que de ses propres fonctionnements. Et elle remet le rôle de l’intelligence à sa juste place.  
 
LE PROGRES A LA MANIERE D’ECHTERNACH.
 Différentes constructions sociétales ont accompagné l’Evolution Humaine. Toutes étaient des élaborations d’une grande créativité qui ne pouvaient être réalisées que grâce aux caractères neuro-synaptiques acquis par l’Homme. Elles auraient pu procurer à l’Espèce un environnement fait d’harmonie et de sagesse qui se serait ajouté aux règles de fonctionnement de la Nature sans prendre le  risque de transgresser cette dernière jusqu’à un point de rupture. Toutes ces avancées avaient été rendues possibles grâce à l’acquisition des caractères décrits et cependant toutes se sont transformées en problèmes majeurs par le fait des dérives qui ont marqué la mise en œuvre de ces mêmes caractères.
Citons à titre d’exemples quelque unes de ces avancées poursuivies trop loin: 
 La propriété privée, initiative remarquablement créative et efficiente compte tenu justement des particularités d’individualisme de l’être humain ; devenue quasi inconditionnelle et transmissible, accordée sans contrepartie obligée de rendement au service de la collectivité et peu ou prou défendue d’arrache-pied par ceux que les hasards divers ou la volonté de se doter ont nantis. 
 Parmi toutes les "valeurs", échafaudées pour la plupart d’entre elles comme des correctifs aux lois de la Nature, une des plus pernicieuses dans les rapports sociaux est sans doute la charité. Celle-ci n’aurait jamais dû n’être que "ce quelque chose que l’on donne", mais bien au contraire "ce que l’on se refuse de prendre" (et dont on peut, objectivement, se passer). Des milliers d’années d’Humanité auraient pris un tour tout différent.
 La dérive industrielle, émanant de la notion "d’activité industrieuse", procédant d’une rationalisation, à priori et en effet de facto efficace dans une considération partielle, du produit du travail individuel simplifié et inter multiplié pour obtenir un rendement optimum.
Utilisant l’imitation de l’esthétique artisanale, sans les fondements existentiels de celle-ci cette conception qui serait parfaitement acceptable si elle redistribuait le différentiel de profit parmi tous les acteurs, a finalement comme résultat de détruire la solidarité entre les intervenants ainsi que la convivialité et les formidables savoir-faire accumulés. Ceci se fait au profit des capitaines d’entreprise poussés en avant par les tenants du "capital" qui viennent les épauler tout en exigeant des profits expansés, aveugles quant aux conditions humanistes dans lequel se réalise le rendement espéré,  puis exigé. Dérive qui a fourni dans les premiers deux cent ans (à peine) de son développement un accroissement du "niveau de vie" général des pays –occidentaux presque exclusivement- qui en ont bénéficié. Cette amélioration des moyens d’existence s’est faite notamment par l’exploitation relative des classes sociales faibles qui dans un premier temps ont cru à une amélioration de leur sort à long terme, ainsi que par le pillage des régions possédant les matières premières, abusées par une colonisation qui se laissait à croire civilisatrice. (*)
 
(*) La notion de "classes sociales faibles" devrait être précisée comme véhiculant le sens de "classes faiblement socialisées", peu structurées ou soudées comme le sont les classes dominantes où dirigeantes par des réseaux plus ou moins formels et rigides, basés sur l’excellence dans des connaissances et des savoirs de tous ordres, des possessions confortées par la propriété privée, tout comme par un tissus inter familial fortement connecté et classifié sur cette base. Elles ne doivent pas être confondues avec les "classes moyennes" composées d’artisans et de professions libérales, relativement solidaires elles et en tout cas largement interconnectées.  
Le "Socialisme" n’est un parti politique que par procuration, quasi par tutelle. Ce n’est pas non plus une idéologie, comme l’est le communisme. Le socialisme varierait plutôt entre "le murmure de réprobation" et "le cri de fureur" d’un nombre plus ou moins grand d’isolés regroupés dans des fonctions de production. Ceux-ci réagissent  face, autant à une souffrance factuelle ressentie qu’à la perception de leur traitement injuste par "des membres de classes supérieures" plus ou moins précisées les maintenant dans leur état, sans perspective de pouvoir tirer profit d’un Libéralisme matériellement enrichissant, d’autant lorsque celui-ci vire à l’ultra- et au global puis au mondial.
 
o Et dans le même sillage de l’industrialisation, la détérioration des "façons" attachées aux industries de base ("industries" étant pris au sens "métiers", "maîtrises" et "commerces régionaux" du terme),  détérioration dont les acteurs eux-mêmes sont  partiellement responsables.   
o  Dans l’alimentation (agriculture, chasse-élevage et pêche).
o Dans la protection contre les excès de la Nature (dont la construction et les textiles).
o Et dans la production d’énergie (force motrice, éclairage, chauffage et cuisson des aliments  
   qui en fut la première utilisation sans doute).

Evolution dont les politiciens et certains économistes se sont longtemps félicités comme du passage à des "industries de services" (Plus propres ? Moins lourdes physiquement ? A rendements plus élevés ?), tout en sacrifiant allègrement celles auxquelles ces services étaient  majoritairement consacrés. L’œuf plutôt que la poule…
 Le capitalisme libéral, dérivant des deux premiers, procurant un rendement social acceptable (services bancaires, petite épargne) pour un système de profit aboutissant à la financiarisation spéculative (encore  plus débridée…mais "moralisée" (sic ! !) en ce sens que ce qui était, hier, socialement et moralement crapuleux mais juridiquement inattaquable, sera demain absolument régulé, afin de ne pouvoir être contourné que par les seuls initiés, exclusivement…).
Ce capitalisme, ayant donné un sens quasi univoque à l’épithète de "riche", cette dernière prend
 aujourd’hui des allures aberrantes, autant équivoques  et scandaleuses que désirables. Et cela alors que la notion de "richesse" devrait, pourrait en tout cas, signifier l’inversion proportionnelle entre la pulsion irrépressible pour la réalisation sans frein des désirs personnels et l’accumulation de biens matériels et la réalisation individuelle de plus d’humanisme, pris en tant que…"valeur" justement. Les niveaux d’accumulation personnelle insensés atteints par les membres de direction autant que par beaucoup de patrons de nos sociétés industrielles, commerciales ou financières, attestent un infantilisme tout bonnement maladif. Ce dernier explique éventuellement la psychologie d’autres nantis comme celle de certains dictateurs, tout comme celle de sportifs adulés par un public, nécessairement nombreux, rendant leur domaine d’activité médiatiquement et donc publicitairement rentable.  
Les indices de cancers qui  rongent les sociétés construites sur le modèle occidental, ou singées sur lui tout en n’intégrant pas les contre-pouvoirs de la démocratie , indiquent bien…la pauvreté dans laquelle les "riches" peuvent s’enfermer ! Et l’argument classique: « en dépensant ils en font vivre d’autres » pointe l’indigence d’esprit de ceux qui l’utilisent. D’une part l’argument ne justifie pas l’attitude elle-même et la mentalité qu’il révèle et d’autre part le rendement socio-économique obtenu via cette justification jure avec celui offert par les moyens utilisés pour l’obtenir…Il en va de même du "sacrifice" consenti au profit de réseaux sociaux
–gérés par eux- par des tenants de fortunes immenses…qui vivent avec les "quelques pourcents" qu’ils conservent par devers eux encore loin au-dessus d’un niveau de richesse compréhensible pour l’ensemble de la société…Il n’empêche, cela vaut sans doute mieux que quelques dîners de charité.
 La notion de croissance, éventuellement trafiquée en "développement durable", qui ne devrait s’appliquer qu’à des  situations spécifiques, prudemment évaluées et ne comporter que des mises à niveau en rapport rapproché avec un "mieux (sur)vivre" et une volonté de solidarité raisonnablement imaginés…mais c’est là sans doute toute la difficulté, particulièrement quand elle se doit de respecter un égalitarisme par ailleurs douteux.
 Le concept de Démocratie, "méthode la moins mauvaise" pour gérer la vie en communauté d’après Winston Churchill. Et pour cause, il consiste à diluer le pouvoir en le répartissant entre les mains de tous afin d’empêcher les élites de s’en approprier, en concédant à la cause commune la part la plus affaiblie –le plus petit dénominateur commun- de ce que leur capacités leur permet de générer. Non seulement elle ampute la communauté de ce qu’elle aurait pu peut-être espérer de meilleur, mais elle favorise en outre l’émergence de nouveaux disfonctionnements dus à la déformation d’une opinion qui, travaillée par diverses influences interlopes, est loin d’être uniformément "publique". Elle ne tend en rien à faire évoluer les caractères fondamentaux de ceux dont elle rassemble et dirige la vie, se confinant au fil du temps dans des scénario auto-strangulant où s’empilent d’innombrables institutions de contrôles croisés et où l’accumulation des lourdeurs législatives mènent immanquablement aux ulcères de Justice en même temps qu’aux aliénations sociales par le fait qu’elles  sont largement conçues pour dire un Droit péniblement défini par des "représentants du Peuple", majoritaires par défection de l’électorat et aux idéologies contrariées par la particratie.
 Il en va de même des «Droits Universels de l’Homme», magnifique exposé d’objectifs virtuels, conçu comme cadre à un projet de correction des inégalités dues aux "fonctionnements aveugles" de la Nature, privilégiant cependant dans ses principes l’Individu par rapport à la Communauté dont il fait  partie et n’offrant aucun véritable argument à une   quelconque promotion de ses devoirs, menant ainsi imperceptiblement, malgré des avancées  remarquables, à toutes les distorsions sémantiques et les aberrations sociétales.
On  s’aperçoit donc que la quasi-totalité des "progrès" engrangés par l’Humanité aura eu des conséquences inattendues offrant, à côté d’avancées indéniablement avantageuses (à jugement d’homme tout au moins) des aspects qui s’avèrent à l’examen beaucoup moins positifs que supposé. (*)
 
(*) On a tendance à parler du progrès dans l’absolu où tout au moins dans un relatif non précisé. Or la "valeur progrès" n’existe que par comparaison. Les fameux «progrès de l’Humanité» ne devraient être jugés qu’en fonction des bénéfices qui en étaient escomptés et être évalués en relation avec tous les résultats, voulus ou non, qui auront découlés de leur poursuite. Il n’est pas inutile d’en juger en tenant compte de l’opposition que ces progrès supposent par rapport aux lois de la Nature et de se demander si de bousculer celle-ci à ce point est nécessairement un bien…
 
La liste des "avancées de civilisation", réelles et pour la plupart remarquables autant par la complexité des entrelacs sociaux mis en œuvre que par l’inventivité et l’opiniâtreté qu’elle suppose, est impressionnante. Tout a procédé dans un constant effort de correction du statut imposé à l’Homme par la Nature et les fonctionnements instinctifs auxquels elle le limitait jusque-là. On ne peut s’étonner de ce que le bénéficiaire  s’en soit enorgueilli, ni être surpris qu’il se soit attribué sur ce constat un rang de  supériorité sur le reste du Monde Vivant au point de considérer qu’il formerait une catégorie hors classement trivial. On ne peut s’en étonner, sauf que c’est ce sentiment même qui indique la faille dans la clairvoyance et donc dans le développement évolutif de l’Homme.  
L’identification à soi menant au sens de l’individualité comme modèle congénital généralisé, par préférence à une structure plus fondamentalement grégaire, procède de circonstances hasardeuses qui ne sont pas connues. Mais cette particularité combinée accidentellement avec les autres signalées plus haut aura eu des conséquences incommensurables, aussi bien par des côtés apparemment positifs que des conséquences autant inattendues que manifestement désastreuses. A tel point qu’aujourd’hui il n’est plus possible de décider avec certitude de ce qui constitue un progrès ou de ce qui menace plus encore l’Humanité et son environnement.

POUR MAÎTRISER LA NATURE ? …CREER DIEU !
Les choix en vue d’une meilleure chance de survie tels que décrits plus haut auront par ailleurs eu comme  effet de placer l’Homme en opposition potentielle systématique avec le reste de l’Univers, alors même qu’il ressent, au travers de nombreux indices et sur de nombreux plans, son appartenance intime avec celui-ci.
C’est le cas de sa relation à la Nature, faite de craintes anticipées et de peurs enfouies, amplifiées par ses perceptions intellectuelles. Tout ce ressenti se matérialise en une haine occultée, agissante dans la dissimulation, y compris rétrospectivement vis-à-vis de l’intéressé lui-même. Je t’aime, moi non plus… Cette volonté de distanciation, de refus par rapport à son origine "naturale" aura certainement pesé dans l’évolution qui aura conduit aux branches actuelles de familles et de races humaines, avec certes des différences dans le degré et la nature de leur adaptation à la réalité de leur environnement particulier, tout comme du degré de sophistication de leurs évolutions socioéconomique et psycho-métaphysique. Aucun de ces groupes ethniques disséminés sur la Planète n’aura cependant développé de caractéristiques physiques particulières fondamentalement différentes des autres et toutes sont génétiquement compatibles. Toutes étant par ailleurs peu ou prou physiologiquement chétives, fragiles et vulnérables. Elles sont par ailleurs particulièrement rigides psychiquement, au point d’être butées face à des perspectives inconnaissables par les moyens intellectuels dont elles disposent.
Se forme donc dans une pensée humaine pourtant touchée par le phénomène de complexité croissante de ses contenus et dont on pourrait penser qu’elle finirait par reconnaître enfin ses limites, le sentiment lancinant d’un manque  d’éclaircissements satisfaisants et définitifs quant aux origines et aux finalités des choses et de lui-même. Même les connaissances scientifiques les plus avancées ne calment pas cette angoisse latente.
Depuis l’Homo Neandertalensis, apparemment le premier à s’être adonner au culte des morts, point de départ de cette interrogation, jusqu’aux astrophysiciens aujourd’hui les plus en pointe dans la quête des origines de l’Univers, l’Homme ne peut faire autrement que de voir un "Dieu" et même le visage de celui-ci dans ce qu’il lui semble percevoir -avec des contorsions intellectuelles de plus en plus étonnantes- comme parfaitement cohérent et cependant incompréhensible pour lui. Au plafond de la chapelle Sixtine la main créatrice ne touchera apparemment jamais celle de l’Homme, Adam, et la présence duale du Créateur anthropomorphe inséré dans le Temps s’estompera peu à peu avec l’illusion qui l’avait fait naître et dont il ne restera que l’ectoplasme. "Homo homini deus", l’homme est dieu pour l’homme. (*)
 
(*) «L’œil par lequel je vois Dieu est l’œil même par lequel Dieu me voit (...)  il n’est qu’une seule vision, une connaissance et un amour » Maître Eckhart, ‘mystique rhénan’ refonde, lui, la perception unifiée présente chez ses semblables dans l’Eveil. L’amour est manifestement ici une particularité sui generis et en aucun cas un sentiment, encore moins une émotion.
 
Le fonctionnement cognitif linéaire de l’Homme ne pouvant  supporter de césure et exigeant une réponse à l’interrogation inéluctable, il se forge pour lui-même, en s’occultant le fait d’en être la source, la conviction invérifiable de l’existence d’une Entité créatrice de l’Univers. Cette vision, essentiellement occidentale, place l’être Humain par droit divin endoproclamé en position de domination-exploitation de son environnement, la Terre. Arrivé à ce point de développement de sa Pensée Collective, l’Homme aura conçu, en commençant par de nombreux dieux débonnaires, une poche amniotique eschatologique virtuelle assurée par des/un Dieu(x) Unique(s) autant que tutélaire(s) qu’il aura mis en scène tout en s’en proclamant tant la créature privilégiée que le miroir fidèle. Et de verrouiller psychiquement cette dépendance inconsciemment voulue, soit par la soumission à une "Loi", soit à une "Foi", toutes deux données comme aussi indiscutables par le fait de leur origine fondatrice inaccessible. Cette irréductibilité originale aura fait, en Occident, l’objet d’une évolution du concept religieux par l’intégration du divin dans l’humain; ou si l’on préfère l’assimilation de l’homme par "résurrection" dans la notion-Dieu. Ceci aura permis de réguler l’angoisse existentielle des hommes par la mise en œuvre d’une espérance exogène, au résultat reporté peu ou prou ad aeternam. (*) 
 
(*) Ce dogme, construit au départ d’un concept monothéiste moyen-oriental (650 ans avant J.C.) transformé principalement par un paranoïaque de génie, Saül de Tarse, aura impacté des groupes humains aux croyances peu structurées, fatigués d’un trop grand laxisme moral, et établie par volonté politique de la Rome antique comme religion d’Etat. L’objectif évident étant d’assoir plus fermement les pouvoirs séculiers de l’Empire via un joug religieux acceptable, grâce à l’espoir conceptuellement proche qu’il porte. Le christianisme-prétexte aura survécu aux cohortes romaines.
     L’Homme, individu isolé mais grégaire par nature, porte un masque de personne afin d’obtenir la protection du groupe. Incapable de répondre, en adulte autonome ayant reconnu ses émotions, aux exigences accompagnant sa propre évolution psycho-socio-spirituelle, c’est sous forme de religions dogmatisées, imposées par sa défection intellectuelle favorisée par des clergés ou instrumentalisée par des consacrés qu’il s’astreint à vivre les règles salvatrices d’un futur imaginé. Il est en effet convaincu de ce que la psyché, erronément interprétée comme une âme individuellement éternelle viendrait compléter son état somatique en le transcendant, lui permettant ainsi de vaincre l’angoisse existentielle qui est la sienne grâce à une renaissance eschatologique au-delà de la mort. Par ailleurs l’Homme éprouve le besoin d’être encouragé et soutenu par une approbation la plus conviviale et homogène possible issue de son environnement social. Cet adossement moral le conforte dans le respect de règles et de convictions communes fortes, au point qu’il développe un sentiment de rejet allant jusqu’à une haine facilement éveillée pour toute autre obédience spirituelle que la sienne, particulièrement si les manifestations sociales appuyées sur les dogmes en sont par trop différents.

TOUJOURS PLUS LOIN, TOUJOURS PLUS FORT
Cette infantilité confondante d’un Homme qui se voudrait –et se croit- adulte est masquée par des réalisations qui sont fréquemment interprétées comme des réussites majeures. Nombre d’entre elles s’avèrent cependant béréziniennes, quand les résultats ne rappellent pas tout bonnement Blücher alors qu’on attendait Grouchy. Nombreux sont ceux qui, convaincus de sagesse pensent que c’est en renforçant les contraintes et en tentant notamment de les mondialiser que l’on pourra réduire les impacts négatifs que beaucoup soupçonnent être causés par l’Homme sur son environnement. (*)
 
(*) Il faut remarquer en passant que la quasi-totalité des races et ethnies de la Planète, ayant baigné pendant des siècles où plus dans des cultures souvent fortement différenciées, convergent toutes, essentiellement depuis trois à quatre siècles, emportées par des dérives semblables à celles d’un Occident ayant concentré les tendances. Le Monde des humains évolue ainsi vers un seul et même paradigme, un «scientifisme financièrement asservi» encadré par une «économanie ultra libérale», uniques parangons universels désormais.
 
Il est à remarquer également que l’impact de la chose religieuse s’atténue, de manière irrégulière et sur le long terme, mais un peu partout sur la Planète. Il en va ainsi en tout cas particulièrement de l’influence des clergés. Seul résiste encore le concept divin qui se retranche de plus en plus souvent derrière la notion résiliente de "dessein intelligent", où qui alors se réfugie dans un « Créationnisme » désuet. La Science aura fait beaucoup, au cours des derniers millénaires (depuis 3000 avant notre ère ?) et en particulier des deux  derniers siècles, pour promouvoir cette ouverture libératoire de l’inquiétude psycho-intellectuelle de l’Homme.
Par contre un autre bourbier, "l’avancée technologique", s’est créé par le jeu habituel de l’enthousiasme enfantin de l’Homme, qui aura longtemps porté un jugement erroné quant à l’équilibre égalitaire de son rapport à l’environnement. L’écologie, fraîchement inventée, est là pour l’aider à tempérer ses ardeurs…Mais on ne se sépare pas facilement de ses jouets !
Le Dieu aménagé s’estompant donc peu à peu en tant que pansement possible à l’angoisse de l’Homme, alors même que cette angoisse augmente, de nouvelles réponses, originales sont de plus en plus souvent recherchées. Pour s’apercevoir qu’elles ne sont, qu’elles ne peuvent être, que très partiellement ou pas du tout trouvées à l’aide de ces capacités cérébrales sur l’étendue du pouvoir desquelles l’Homme a construit ses châteaux en Disneyland...
Ce sont donc de plus en plus souvent des modes de compréhension parallèles qui sont recherchés. Ils semblent impliquer que la Pensée, prise sous un angle plus instinctif où même (très) momentanément abandonnée au profit du seul monde somatique, constitue la panacée qui les mettra à l’abri des ravages qui sont d’après eux l’évidence d’aujourd’hui. Ils oublient que l’Homme a été engagé par la Nature elle-même dans une évolution qui l’oblige à affronter cette même Nature de face, et qu’il n’y a pas de retour arrière possible.
La recherche d’un "autre Monde" a commencé il y a bien longtemps. Symbolisée par la lutte de Jacob et de l’Ange dont le sens ésotérique est le combat de l’Homme avec Dieu en vue de "passer le gué". Il est certain que ce dernier ne pourra l’emporter et sera amené à se retirer. Pas à se faire oublier pour autant, Jacob sera vainqueur mais restera infirme.

UN GENOME A BOUT DE SOUFFLE ?
Les situations dramatiquement caricaturales observées de nos jours tant dans l’intervention de l’Homme dans son environnement que dans ses débordements économiques et financiers, destructeurs de valeurs objectives, amplifient les raisons qui justifieraient de nouvelles mutations, prophylactiques ou même immédiatement curatives. Malheureusement la "sélection", traditionnellement "naturelle", qui pourrait venir renforcer une nouvelle mutation utile à la survie de l’Espèce devrait aujourd’hui prendre d’autres voies qu’habituelles. En effet il est peu probable que, même ramenée à des zones géographiques limitées, la fixation de mutations évolutives puisse avoir lieu par le fait des hasards de la Nature. Même là où les taux sont les plus favorables, les rythmes de reproduction humains sont bien trop lents, les fréquences insuffisantes et les individus devenus trop "longévides" et trop mobiles.
Impossible pour l’Homme dans sa forme somatique habituelle, la sélection "naturelle" pourrait par contre, peut-être, prendre cours sous une forme "neuro-synaptique",  intellectuelle ?
Une telle évolution fonctionnerait selon un mode, identique à celui qui a été nommé la Révolution Copernicienne et qui se décline suivant les stades suivants:
* Stade d’origine: a)conviction de bonne foi b) insatisfaction et interrogation > c) étude et (re)formulation > d) confrontation et confirmation > e) débats et diffusion > f) intégration et adoption > * Stade abouti: c.q.f.d. et nouvelle conviction de bonne foi.
o Rien n’aura changé dans la réalité, seule la compréhension et la prise de conscience de celle-ci auront été modifiées. Et pourtant, quelle résistance au changement !
o Tout avait changé au contraire, y compris les implications scientifiques, techniques même, de Magellan à la NASA et au-delà !
Il semble manifeste que la condition essentielle qui doit être rencontrée pour permettre un tel changement est l’abaissement du niveau de résistance face à des convictions à priori rationnelles mais qui relèvent de craintes et dès lors de défenses d’ordre psychique. Une nouvelle évidence s’empare ensuite, qui une fois installée ne peut plus être déracinée que dans des circonstances éventuellement identiques. Ce processus se développe souvent dans un premier temps auprès de certaines catégories, en général celles dites des disciplines intellectuelles marquées par les remises en cause, pour être ensuite percolé dans l’ensemble de la population. (*)
 
(*) Il est intéressant de constater que la "nouvelle conviction" faisant suite à la Révolution copernicienne de l’héliocentrisme au 15ème siècle est interrogée dans les toutes dernières années à propos de la forme, les dimensions et l’origine de l’Univers qui selon certains cosmologues pourrait s’avérer…"plat"  (mais rien n’est définitif !).
 
D’une manière semblable l’Homme devra bien admettre finalement que l’anthropomorphisme qu’il a attribué à l’Avatar qu’il a placé comme un amortisseur entre lui et son angoisse et dont il ne sait s’il est ou pas n’est peut-être, au mieux, qu’une réponse qu’il se donne à lui-même afin d’apaiser les questionnements que lui impose une cérébralisation qui connaît des limites dans ses capacités de préhension d’une Réalité Fondamentale, totalement inconnue par ces moyens car elle ne peut être "dé-finie". Peut-être découvrira-t-il alors l’humilité authentique et acceptera t’il l’horizon de son ignorance.
Par ailleurs le processus évoqué d’une évolution par imprégnation intellectuelle plutôt que par sélection naturelle à déjà agit par le passé auprès de larges pans de populations. Certes les résultats ne sont pas toujours   stabilisés, mais c’est là à bien y réfléchir un avantage par rapport à des modifications physiologiques qui restent ensuite largement et peut-être plus définitivement figées face à des circonstances changeantes. L’avantage de l’évolution-mutation "open ended" sur celle d’un "finality lock", la souplesse du ricochet humain plutôt que la rigidité du cou-de-la-girafe. 
Les groupes sociaux qui ont adopté la Démocratie comme mode de gouvernance n’ont-ils pas été les sujets d’une «sélection (naturelle) neuronale» due à une mutation de mentalité sociétale ? Après Mai ‘68  la civilisation occidentale sera-t-elle jamais comme avant ? Remontant plus en arrière, l’Humanité tout entière pourrait-elle encore imaginer la Terre –plate-, après Copernic, Galilée et Magellan ? La Renaissance ne dû-t-elle pas sa pérennité à des modifications d’ordre essentiellement neuro-synaptique ? La réponse à toutes ces interrogations peut parfaitement être affirmative.
Dans l’ensemble du Monde les mouvements de rapprochements par de nombreuses nations d’Asie et du Moyen Orient avec la modernité occidentale ne sont-ils pas, eux aussi, à classer dans la même catégorie  relevant de la Pensée ? (La Constitution Meiji japonaise ; l’auto renforcement chinois du 19ème ; les évolutions en Turquie dirigées par un Mustafa Kemal, Atatürk ; ou en Iran par Rezâ Shah Pahlavi). Toutes ces mutations-évolutions sont marquées par leur caractère intellectuel, traduit en règles sociales et lois d’Etat, en pouvoirs et contre-pouvoirs et elles indiquent une dominance, purement d’aînesse, du modèle occidental. Cependant malgré ces mouvements rien n’aura encore changé quant à la perception de l’essence du génome humain pour lequel une évolution où une mutation sont considérés non seulement comme impossibles mais ne sont tout simplement pas envisagés.   
Le temps est-il pour autant venu pour que le cours des choses change ? L’accumulation apparente des calamités et des menaces sur l’environnement, tant purement naturelle qu’occasionnée par l’activité des hommes, est-elle parvenue à un stade de crise(s) finale(s) ?  En réalité on n’en sait trop rien et les avis divergent au travers de la Planète et parmi les analystes des différentes spécialités concernées, sans parler des millénaristes et autres diseurs d’aventures extravagantes. Mais le sentiment de plus en plus généralisé de ce que «quelque chose» doit être fait semble se dessiner en dépit même du désir des pays en voie de développement "à l’occidentale" de pousser plus avant une croissance dont ils refusent de se priver et alors même que selon toute vraisemblance cette croissance à l’identique ne peut qu’être constitutive de problèmes insolubles en fonction des critères connus. "Le temps est-il venu" et "les critères connus", là se situent les dangers de la "pensée courte" qui est celle de l’Homme.
Par ailleurs comme toujours l’Homme contrairement à ce qu’il aimerait croire ne décidera en rien, et c’est éminemment préférable. Si des mouvements novateurs doivent se faire ce ne sera pas en finale le fait de décisions rationnelles visant des objectifs à long terme, mais des mouvements indépendants d’une volonté orientée qui procureraient des résultats effectifs connus. Pour cette raison-même l’Humanité, si elle est destinée à prolonger son parcours, est sans doute arrivée à un point de changement nécessaire. La réalisation en est peut-être beaucoup plus simple qu’on ne pourrait le penser et les conditions pourraient en être rassemblées par le fait que les temps – peut-être – en sont venus, par ce "hasard nécessaire" qui gère si efficacement l’Univers.  

L’HOMME N’EST PAS CE QU’IL CROIT ÊTRE.
L’Homme tel que…nous nous connaissons, héritier d’un Homo qui n’était en rien le Sapiens dont nous nous glorifions mais aurait pu être dénommé "Homo Doctus", "celui qui cherche ce qui est dans les éléments extérieurs", cet Homme-là prend le risque de rester ce qu’il est et de disparaître physiquement, entraînant probablement une bonne partie de son environnement avec lui. Ou alors un «Nouvel Homme», enfin plus foncièrement intelligent,  naîtra d’une mutation suivie d’une sélection et d’une fixation, non plus "naturelle" mais "neuro-synaptique". Issu de ce compost né par le fait d’une précédente mutation, qui macère depuis des millénaires et dont les éléments tout en étant encore en suspension le rapproche, siècle après siècle, du moment où la solution sera sursaturée et précipitera.
Les conditions de cet état, neuf par le fait de sa nature et de l’intensité de conscience qu’il nécessitera -mais pas plus nouveau que ne l’était ce sur quoi portait la Révolution Copernicienne- sont connues et ont été enseignées par de nombreux Sages, désignés comme les Grands Eveillés ou les Libérés Vivants. Toutes leurs contributions portent en fait l’empreinte du même message. Et comme c’est très souvent le cas avec les concepts novateurs, leur diffusion commençant sans doute il y a quelque trois à cinq mille ans d’ici n’a été reçue et assimilée stricto sensu que par un nombre réduit de vrais "disciples" parmi de nombreux apôtres. Le plus grand nombre des "autres" étant tout bonnement sourd ou interprétant ce message au travers d’un filtre déviant, chargé des particularités génétiques de l’Espèce. Le point d’appui, le contenu essentiel de ces enseignements peut se résumer (si tant est…) par le constat que l’intellect ne nous permet pas, ne nous permettra jamais d’atteindre notre réalité profonde, ni d’ailleurs quelque réalité fondamentale que ce soit. Au contraire, plus nous tentons d’utiliser cette capacité fonctionnelle à cette fin plus elle nous éloigne du but recherché. Ce n’est pas pour autant que cette faculté est à rejeter.
A première vue on pourrait penser que tous les problèmes qui surgiraient au niveau du psychisme devraient être résolus avant d’espérer pouvoir atteindre le niveau évoqué.
Or l’enseignement dispensé par les "Réalisés" suggère que le niveau optimum de cet objectif n’est pas indispensable. Il suffirait d’une prise de conscience sans frein ni arrière-pensée des aspects inhibiteurs des caractères inhérents au génome pour atteindre le "stade de l’abandon", qui favorise l’accès à une compréhension de sa nature réelle par l’homme, et cela sans s’élever comme un obstacle à sa survie.
Cependant cela ne suffirait pas à nous libérer totalement tant le phénomène d’auto identification est puissant, étant  destiné à protéger en première ligne l’individu y compris en utilisant toutes les distorsions que lui permettent ses facultés cérébrales.
Pour être soulagé si pas totalement libéré des aspects parasitaires que font peser ces processus génétiques psycho-sociaux par toutes les dérives qu’ils entraînent, il n’est pas nécessaire ni même souhaitable de refuser -brutalement- cette identification mais bien de prendre conscience de ses origines, de son existence et d’en constater le fonctionnement. Et il n’y a surtout pas lieu de tenter d’en modifier les caractères au moyen de la volonté se basant sur des impératifs de valeurs imposées par le tissu social. Certes la "libération du soi" suppose d’aller plus loin que cette simple reconnaissance de ce que nous sommes et de comment nous fonctionnons, mais la lucidité et l’humilité autant que le courage que réclame cette apparemment simple clairvoyance sont déjà largement suffisants que pour être actifs pour désamorcer les principales dérives dans lesquelles s’enfonce l’Humanité.  
Il s’agit donc bien d’une "connaissance de soi", non dans  le sens historique ou conditionnel de l’individu mais dans la profondeur structurelle de son être. Ce n’est donc pas principalement le niveau cérébral, moyen de communication interne autant qu’externe de la personne auto identifiée, ni même sa seule perception sensorielle qui est sollicité. L’état d’abandon que cela suppose s’entend "quelles que pourraient être les conséquences" ce qui, à bien y réfléchir et en évaluant le poids de celles-ci dans le parcours de l’Humanité, n’est pas plus dangereux en ce qui concerne les résultats possibles que la poursuite d’objectifs conçus par un mental collectif qui amène des exécutants aux motivations individuelles à en biaiser consciemment ou inconsciemment le sens et en détourner le cas échéant les profits.
Cette compréhension universelle qui viendrait irriguer le niveau individuel du particulier requiert la simplicité et n’exige pas les connaissances ésotériques que certains prétendent, en dénonçant le risque de s’y perdre. Elle est simplement la reconnaissance et l’acceptation de "ce qui est", sans le jugement diffracteur des particularités et déviances du génome. Elle mène à l’apaisement de l’angoisse existentielle qui dévore de trop nombreux humains et les amène à commettre les impairs bien connus.
L’HOMME DEBOUT, LIBERE DE  LIENS   IMMAGINAIRES.
Des traces sont décelables depuis quelque trois à cinq mille ans ( ?) de cette perception libératrice, marquée par un sens profond et irrévocable d’unicité sans intermédiaire, qui aura ouvert à des mutants neuro-synaptiques l’entrée à un "autre Monde".  Dans le même temps le message de ces Sages aura fait l’objet de malentendus favorisés par le blocage cérébral dû aux caractéristiques du génome humain, trompé par le besoin de continuité et de rationalité duale qui l’handicape. Etant donné l’importance majeure de cette problématique dans la perception existentielle de l’Homme, ces malentendus ont conduit, invariablement, à des traductions religieuses, "religion" étant pris dans tous les sens qu’évoque le concept.  Certes l’Humanité n’aura connu apparemment qu’une faible proportion d’êtres accomplis, totalement libérés des déviances du génome. Ces avatars, peu nombreux en termes numériques mais immenses par le fait de l’effet-du-battement-de-l’aile-du-papillon, et dont on pourrait croire qu’ils concentraient une capacité intellectuelle aussi absolue qu’exceptionnelle, annonçaient une metanoïa qu’il est inutile de vouloir qualifier car elle ne peut parler qu’au "centre silencieux" de chacun de nous. (*) 
 
(*) Evidemment il semble y avoir une contradiction avec certaines affirmations de référence. Ainsi Jésus rapporté dans Lc 10:21 : « … Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents…. » Cependant le propos se poursuit par : «…. et de l'avoir révélé aux tout-petits. …»  L’inversion d’intention par l’absurde est claire. On ne révèle rien aux tout-petits, qui ne sont pas encore touchés par les dérives citées, mais bien aux adultes. A une condition cependant, c’est que ces derniers fassent ce qui leur est recommandé, aussi perturbant que cela puisse paraître : «Lorsque, pareils à de petits enfants, (toujours eux) vous vous déshabillerez sans avoir honte et que vous prendrez vos vêtements et les piétinerez, alors vous verrez le fils du Vivant ; et vous n’aurez pas peur.» (Evangile apocryphe selon Thomas, logion 37)  …Et les piétinerez ! Avec un entrain juvénile retrouvé et la candeur d’un esprit non conditionné, comme celui de petits enfants. Une pudeur aussi et qui en dit long sur la nécessité d’une éducation non-conditionnante !
* Contrairement à la conviction habituelle qui affirme le message comme venant de l’extérieur et plutôt d’en haut, ex cathedra ; contrairement à l’avis d’un Mc Luhan assimilant le message au medium, «le message est (dans) le récepteur». C’était en tout cas une évidence pour celui qui a répondu à l’angoisse des hommes  par l’incitation suivante : « Si ceux qui vous guident vous disent : Voici, le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous précéderont ; s’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous précéderont. Mais le Royaume est le dedans, et il est le dehors de vous. Lorsque vous vous connaîtrez, alors vous serez connus; et vous saurez que c’est vous les fils du Père Vivant. Si au contraire vous ne vous connaissez pas, alors vous êtes dans la pauvreté, et c’est vous la pauvreté. » dixit Jésus, rapporté par Thomas BSI -3ème logion de l’évangile apocryphe). Les seules, vagues, correspondances canoniques,  par l’absurde: Jn 3:3 à 6 ; quant à Paul il bafoue (une fois de plus) la parole de Jésus, dans 1Co 6:9-10, alors que Celui-ci avait promis tout le contraire. Que celui qui n’a jamais péché….
 
En effet, peu d’entre les Libérés Vivants en qui s’est accompli ce "changement de mentalité", cette mutation neuro-synaptique, sont connus, en particulier dans leur vérité première. Aucun d’entre eux ne semble avoir engendré de descendance génétique. Mais en va-t-il de même d’une transmission neuro-synaptique ? Certains ont été le prétexte du développement d’une, ou de plusieurs religions, souvent façonnées au gré de la compréhension activiste de "Pères des  Eglises" et de leurs clergés respectifs. Ces derniers se sont emparés du message, en le pliant à la mystique correspondante à leurs propres fantasmes. Ils y furent aidés il est vrai par le désir des hommes d’être soulagés rapidement d’une tension anxiogène existentielle qui les taraudent. Celle-ci trouvait en outre, pour une immense majorité, un soulagement bien venu dû à l’appui de la promiscuité psycho-grégaire provenant de leurs groupes sociaux respectifs animés de croyances religieuses homogènes, galvanisées par des tribuns cléricaux. (*)
 
(*) Dans le christianisme, Saül de Tarse, dit St Paul, qui n’avait pas connu Jésus vivant commenta avec autorité la pensée de celui-ci.... Par qui l’avait-il connue ? D’évidence par l’opération d’un Esprit Saint opérant in petto… « Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous que Jésus-Christ, (…et) Jésus-Christ crucifié» (1Co2:2) Traduction : "ce que l’homme-Jésus à dit importe peu …Je vais vous dire, moi, que penser" Et aussi : «Si le Christ n’est pas ressuscité, alors vaine est notre Foi» (1Co.15.14) …Pari risqué, si ce n’est que l’on fait porter par la Foi la conviction inexpugnable d’une certitude humaine qui n’autorise pas la remise en question.
Même rapporté dans les évangiles canoniques, une lassitude apparaît chez Jésus, que la trituration des textes n’a pu dissimuler. (On trouve ce sentiment également dans les apocryphes)  Elle se révèle dans les réponses qu’il fait autant à ses détracteurs qu’à ses encombrant fidèles: «Tous dirent alors: "Tu es donc le fils de Dieu !" Il leur déclara (excédé ?): "Vous le dites: je le suis.» (Lc 22:70), et d’ajouter, un peu moqueur à Simon qui lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang (Traduction: "non de la réalité  vécue"), mais de mon Père qui est dans les cieux »  Traduction: "le Dieu de votre imaginaire".  Et Jésus continue par une boutade sur le prénom du disciple, suivie d’un coup de colère face à cette incompréhension butée… «Eh bien ! Moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,… » …et au milieu de considérations au sens peu clair qui lui sont attribuées il poursuit, dans un reproche formulé cette fois en termes directs … «Mais il (Jésus), se retournant, dit à Pierre : "Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! », et un mot de vérité émerge encore dans cet océan d’incompréhension et d’incohérences «Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même,…» pour se perdre dans le rabâchage d’une culpabilisation incongrue se référant à un soi-disant "péché originel" : «…qu'il se charge de sa croix,.. » (Mt 16:16-17-18 / 23- 25).
Le clergé romain est arrivé, bien entendu, à expliquer et justifier ce chapeau d’âne suivi de gifle, comme marquant une consécration de sa fonction. Croira qui ne pourra faire autrement… Par ailleurs, la constitution d’une « Eglise » est manifestement une ajoute audacieuse qui est venu enjoliver le propos au fil des siècles.
Il n’empêche qu’un Pape règne encore aujourd’hui. Le cortex humain est une denrée coriace…
 
Peu d’entre les Libérés Vivants auront laissé des traces évidentes de l’enseignement qu’ils propageaient, de même nature chez tous quoique différencié dans la forme.  Presque tous, convaincus, eux, de l’inadéquation des mots pour transmettre cette connaissance particulière, se sont exprimés par énigmes, sourates, koân, où en paraboles. Tout comme ceux qui ont utilisé un langage plus conventionnel en apparence, tous ont évoqué la motivation de leurs interventions comme le fît l’un d’entre eux, répondant à un interlocuteur étonné de sa patience et de son empathie: «la (seule) motivation à l’origine de cette disponibilité est l’appel, inavoué, de la souffrance humaine», tenant compte par ailleurs de ce que « l’homme qui sait ce qui est bon pour les autres est un homme dangereux » (Sri Nisargadata Maharaj, BSI; propos rapportés par Maurice Frydman QSR- repris ensuite dans «Je suis» - Edts Les Deux Mondes). L’angoisse et la souffrance inavouées, dissimulées afin de ne pas s’attirer l’inimitié du groupe qui mènerait à l’exclusion. Inavouée également comme une auto régulation confinant au blocage des sentiments envers soi-même et servant de succédané à un apaisement de l’esprit. Un durillon mental empêchant de ressentir toute introduction d’éléments considérés comme dangereux, où à tout le moins risqué. L’angoisse existentielle ressentie comme une tare ridicule, inconvenante. Le courage insensé de l’Homme…
METEMPSYCOSE ALTERMONDIALE
L’acquiescement à une conception plus lucide des choses, la prise de conscience souhaitée par ces Sages au point que nombre d’entre eux ont accepté de mourir dans la violence pour la diffuser, si elle se fait jamais massivement dans les populations de la Planète, peut-elle à elle seule apporter un changement dans la conduite du Monde où à tout le moins modifier l’entendement de l’Homme face à cette finalité ?  Non, évidemment pas. Et ce n’est pas vraiment souhaitable quand on sait combien les projets des hommes sont péremptoires dans leurs énoncés et erratiques dans leurs effets. Mais un levier puissant trouverait là son point d’appui par le fait que, ne changeant pas leur Monde, qui exerce sur eux un attrait hypnotique, ce seraient les femmes et les hommes eux-mêmes qui changeraient, par une maturation souterraine. Leur regard sur les choses et sur eux-mêmes se modifierait et dès lors aussi leurs comportements. Ce serait en quelque sorte une mutation par conviction intellectuelle, difficile à confirmer et à maintenir, facilement trahie par des élans interventionnistes perturbateurs et animée de retours arrière et de dérives. Mais une mutation aux fondements indélébiles. Le génie de la nature, tant est que celle-ci puisse être humaine, faisant le reste.
Tout ceci ne changerait pas fondamentalement le cours d’une Méta Histoire Cosmique, partant du constat que les règles de fonctionnement de l’Univers ne peuvent qu’être absolues et inaltérables pour le résultat kaléidoscopique qui nous hypnotise. Mais au moins l’Homme y poursuivrait sa prestation la tête haute même en la terminant peut-être là. Il rassemblerait cependant de vraies raisons de prolonger une évolution une fois de plus extraordinaire, commencée il y a quelque millions d’années dans le droit fil d’un processus inéluctable qui, au lieu d’aller apparemment vers une fin logique ne fait que célébrer  un éternel commencement.     
Car on ne peut nier le fait que la capacité cérébrale développée au cours des millénaires et qui a consisté à se défaire autant que possible des contingences de la Nature tout en améliorant les performances alternatives, a délivré des résultats probants. Certes beaucoup de secteurs de l’environnement, si pas sacrifiés sans le savoir d’abord puis le sachant, auront été largement estropiés. Mais rien n’est fondamentalement ni définitivement saccagé, de nouveaux équilibres se forment en permanence. Une prise de conscience, si elle se fait et aboutit raisonnablement rapidement (un siècle, un siècle et demi ?), permettra de conserver "le meilleur", ou "le moins dommageable", à nos yeux dessillés.

DIES IRÆ, DIES ILLA, DIES TRIBULATIONIS
Faute de quoi nous nous apprêtons sans pouvoir/vouloir le reconnaître de  permettre, dès le cours de ce vingt et unième siècle sans doute, à connaître des pressions démographiques allant grandissant et toutes autres conditions majeures restant égales, l’élimination non programmée, mais systématique des plus faibles, des plus pauvres, des plus handicapés, et généralement de ceux qui seront les moins bien protégés. Ce ne serait qu’en reconnaissant et en acceptant pour ce qu’elles sont les particularités, tant négatives que constructives de notre Espèce, en utilisant sans chercher à l’influencer la dynamique des mouvements évidents, en laissant s’éliminer les effets néfastes des manques de retenue dont souffre notre mutation originelle qui nous a séparé du monde biologique primaire, que se mettra, peut-être, en place un système de sélection neuro-synaptique qui sera à même de compenser la sélection naturelle dont nous avons perdu le bénéfice. (*)      
 
(*)  "Celui qui, ayant renoncé aux fruits de ses actes sans en refuser les conséquences et qui, s’étant établi dans la conscience de ce qui est, celui-là demeure libre de son action tout comme des richesses qui en résultent" Sens du 4ème verset de la Bhagavad-Gïtâ – texte-poème en sanscrit, fondamental de la sagesse védique hindouiste. Avant la bataille qui doit l’opposer à des proches, le prince Arjuna dit son trouble à Krishna, le dieu-instructeur, son cocher. Celui-ci révèle au prince sa vraie nature et le libère ainsi  de son angoisse. Le prince accepte d’entamer la bataille, comme une nécessité humaine inéluctable, une fatalité activement et lucidement acceptée.  Mais ne nous trompons pas sur le vrai sens au-delà des mots: ce n’est pas "celui qui renonce aux fruits" mais bien "celui à qui les fruits renoncent», ayant «fait sa part», qu’il faut lire.
 
"ET MAINTENANT…",  RECLAMAIT LE POETE.
Que faire ? ...  Rien, surtout rien. N’en avons-nous pas déjà assez fait ! …Rien d’autre tout au moins que de favoriser la compréhension de nos fonctionnements et la prise de conscience non interventionniste décrite.
Constater, ce qui ne signifie aucunement baisser les bras mais plus subtilement "reconnaître", les caractères, soulignés plus haut qui sous-tendent nos actions et nos pensées et nous marquent tous à des degrés à peine divers, étant tous tant que nous sommes logés à la même enseigne. Tout comme ce fût le cas pour l’héliocentrisme révélé par Copernic c’est la reconnaissance et la diffusion de cette évidence et son incorporation aux courants de pensée qui, malgré les réticences, initialisera le changement.
Ni les politiciens, tout au moins ceux enfermés dans le court terme et intervenant ensuite à retardement des mouvements de long fond des sociétés humaines, ni les clergés, murés dans les dogmes religieux. Ce seront les scientifiques des disciplines essentielles et les "meneurs d’opinion" relayés par les "diffuseurs d’information" qui ensemenceront le terreau neuro-synaptique humain et ce seront les femmes et les hommes qui, frappés par l’évidence constitueront le nouveau terreau issu du compost neuro-synaptique et mettront en mouvement, sans en être vraiment conscients, cette ère de renouveau. 
L’Être Humain est cependant tellement arque bouté sur ce qu’il perçoit comme étant ses défenses où, revu à la baisse, ses secours ultimes, qu’il lui faudra peut-être le choc d’une crise apocalyptique pour prendre, comme le fît en son temps son ancêtre l’APGHA, la route d’un exil salvateur. Et il ne prendra sans doute son bâton de pèlerin que si l’épicentre du cataclysme se prolonge suffisamment pour lui couper tout espoir de retour. Bien qu’il naisse à chaque instant, le Monde ne s’est certes pas fait en un jour. Mais soyons conscients de ce que les circonstances environnementales sont de plus en plus fréquemment et négativement interpellantes et qu’il est bon que nous soyons, au moins, prêts à rendre possible un changement par ailleurs indispensable et qui n’admettra aucune falsification, aucun truquage récupérateur :
Il y quelque mille neuf cent soixante-seize ans, (*)
 (*) A dater de ce 10 juin 2005, partant de la présomption d’une naissance de Jésus six ans avant notre ère.
 
quelque part en Galilée un homme "libéré", probablement d’origine juive palestinienne, se désolait, disant : 
«Je me suis tenu au milieu du monde; et je me suis manifesté à eux dans la chair ; je les ai trouvés tous ivres ; je n’en ai trouvé parmi eux aucun qui eût soif; Et mon âme s’est affligée pour les fils des hommes; parce qu’ils sont aveugles dans leur cœur; et ne voient pas; qu’ils sont venus au monde vides; et c’est vides aussi qu’ils s’obligent à en repartir; Quand ils auront cuvé leur vin, alors ils changeront de mentalité.» (*)
 
(*) Paroles de Jésus rapportées par un (in)certain Didyme-Judas-Thomas dans un court "évangile" retrouvé à Nag Hammadi (Hte Egypte) en 1945 de notre ère. Déclaré apocryphe…en toute bonne Foi.
 
Une Metanoïa salutaire ?  On peut craindre que dans l’état de catalepsie morale dans lequel se trouvent nos sociétés du vingt et unième siècle ce soit la peur, plus encore que la Foi, qui déplacera les montagnes. Cependant (*)….
  (*) "Au début du Chemin les montagnes se profilent, hautes comme des montagnes. Au cours du Chemin les montagnes ne sont que volcans et précipices infranchissables. Au bout du Chemin les montagnes sont des montagnes." (Transposé d’un koàn attribué au maître Zen Dôgen – 13ème siècle après J.C).
 
Plus encore que de déplacer les montagnes cependant, c’est d’inverser le regard qui est nécessaire, afin de voir ce qui est, sans complaisance, sans déformation, sans peur: «Tous sous le ciel, connaissant le beau comme étant le beau : voici le laid ! Tous connaissant le bien comme étant le bien : voici le mal ! C’est ainsi que l’être et le non-être naissent l’un de l’autre, … » Lao Tseu –Tao Te King, 2ème citation. ….
Car le laid est aussi beau que n’est le beau et le mal aussi parfait que le bien.                                                                          

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Enghien 2003- 2005. Texte sémantiquement amélioré 2011 - Mis en forme au départ d’extraits impubliables de «VATICINATIONS DU PASSANT ORDINAIRE sous-titré "Il a dit : soyez passant" Thomas log.42»  
Auteur d’identité réservée, relayeur de gnose, interpellable par mail sur :  atheophilosophe.gracieux@laposte.net