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16/03/2013

La vraie ‘’VÉRITÉ’’

(A la recherche de...)

La grande majorité des humains ne cherche jamais, réellement, avec l’acharnement du désespoir, la ‘’Vérité Cachée’’. De quoi parle-t-on d’ailleurs[1] !

Nous sommes, depuis la fin de notre petite enfance, sous l’anesthésiant d’un mental brouillon et désordonné mais qui,  justement, par le brouillard qu’il répand, occulte la pusillanimité qui est la nôtre. Cette attitude enfantine qui veut que l’on se croit protégé si on tourne le dos au danger supposé. La protection n’est cependant qu’apparente. Certes elle nous évite,  par l’inconscience dans laquelle elle nous plonge, un séisme traumatisant et brutal. Elle nous maintien cependant aussi, pour tout le cours de notre existence parfois, dans la confusion d’une identification à un archétype flouté, multiple dans ses origines, mais qui se dérobe sans cesse. Nous dissimulons cette indécision inquiétante, autant à nos propres yeux que, plus encore, à ceux du monde extérieur. Nous ne voulons pas, en effet, faire courir le moindre risque à l’image univoque que nous voulons à toute force assurer à cette personne, notre personne, pour assurer sa (sur)vie. Les sentiments, les pensées, les pulsions qui la traversent et auxquels elle s’identifie comme en étant siens, tout comme les actes qui en découlent, suscitent alternativement une fierté pourtant sans fondement ou au contraire éveillent le sentiment d’une lâcheté aussitôt désavouée[2]. L’alternance fait parfois basculer cette identification vers une auto déconsidération qui éveille un découragement qui peut mener à la dépression. Celle-ci est aussitôt combattue par tous les moyens, y compris les plus extrêmes...sauf celui d’une remise en question fondamentale. Même lorsqu’il abandonne toute résistance et toute volonté et qu’il ‘’s’en remet à Dieu’’, l’homme accepte de se confier corps et âme à la volonté d’une entité supérieure, ressentie comme extérieure à lui.

Qu’y a-t-il d’aberrant dans ces convictions ? 

L’Homme, doté d’un type évolutif fondamentalement divergent  de celui du reste de la Nature, est amené à en privilégier d’office les caractères que sont ses capacités intellectuelles. N’ayant cependant que peu de points de comparaison valables, il a tendance à penser que cette dotation constitue l’optimum possible. Il y est d’autant plus poussé qu’il constate au fil de l’Histoire des progrès constants qui répondent à des besoins matériels, peut-être même moraux, qui améliorent ses conditions de vie. Il conclut qu’ils sont le fruit d’une Pensée qui s’amende sans cesse pour tendre vers une plus grande maturité et une meilleure capacité à comprendre les choses, même les plus cachées. Ayant difficile à le concevoir Il ne prend qu’extrêmement rarement conscience de ce que ce sont les caractères limités, linéaires et bipolarisés de ses fonctionnements cérébraux, supérieurs et primitifs mêlés, ainsi que les mutilations psychologiques innombrables que ceux-ci lui auront imposé, qui le drosse, comme le ferait un courant néfaste, depuis sa tendre enfance, hors des eaux de la Vérité Primordiale. Naufragé, il s’obstine malgré l’évidence, à scruter le doigt impératif qui lui désigne, au firmament de ses espoirs les moins raisonnables, un astre déifié. Il se contente d’accepter l’existence mythique, édulcorée, qui lui en est proposée et qui semble correspondre à une vérité, qui s’est en fait construite à son corps défendant.  Il se garde bien d’entrer dans la caverne de l’Oracle, au risque de devoir résoudre une énigme qu’il ressent comme une vague menace potentielle à sa tranquillité d’esprit.

Depuis l’époque lointaine où ses facultés cérébrales naissantes l’auront contraint à s’interroger sur la notion de la mort et le mystère de l’origine des choses, il cherche assidument une cause qui satisfasse sa logique intellectuelle particulière. La seule réponse qu’il ait trouvée à ce jour à cette interrogation majeure est une conviction sous forme de croyance. Une relation impérative de cause à effet.

Cependant, n’étant pas à une incohérence près, l’homme accepte que les émotions et les symboles guident sa vie. Les premières, lorsqu’elles peuvent être considérées nobles, sont regardées comme des acquis, reflets des valeurs qui ennoblissent les ‘’bas instincts’’ attribués à l’humanité. Elles ne sont pourtant pour la plupart, que la répercussion physiologique du choc, éprouvé suite au constat d’une divergence entre la perception d’une situation donnée et l’espoir qui en avait été psychiquement entretenu. Quant aux symboles, variantes d’émotions rationnalisées, ils sont des approximations, source plus que tout, de quiproquos et de malentendus. Seule la critique rationnelle, sommet reconnu de l’exercice de l’intelligence, semble à même d’approcher correctement les questionnements fondamentaux. Certes parfois brillamment exposée, intégrant de nouveaux éléments à des analyses qui remontent souvent aux origines, elle n’est que le très lent cheminement d’une Pensée qui se fourvoie en permanence, allant d’affirmations abandonnées à de nouvelles convictions.

Il arrive cependant parfois que des êtres –sont-ils ‘’humains’’ ?- atteignent la vraie Vérité. Ces cas exceptionnels, rarissimes même, ont découvert que seule la négation de la personne et de tout attribut en général, de toute définition, les rapprochait de l’Être au point de s’y confondre parfaitement. N’étant mutants que par l’esprit, ils ne peuvent donner de descendance que spirituelle. Las, celle-ci n’est que fort rarement assurée, tous ceux qui s’emparent avidement de l’héritage s’empressant, en toute bonne foi apparente, de le dénaturer en lui faisant subir le poids de cette pensée humaine déformée par les dérives de son appartenance originelle.  

C’est le lâcher prise face à des certitudes manifestement relatives qu’enseignent ces Sages….Mais cet Enseignement se heurte chez ceux qui pourtant croient l’écouter, à la hantise du vide qu’engendre la sensation d’un temps abrogé. Seul, en effet, un temps ‘’qui passe’’, un temps linéaire, existe pour eux. Il les précipite vers le point, en apparence immobile d’un mouvement centrifuge qui les éloigne toujours plus du centre d’eux-mêmes.

Son instinct grégaire amène en outre l’homme, par la dépendance psychique qu’il lui impose, à s’aligner sur une ‘’plus-disance’’ imprécise et fluctuante telle qu’il croit la percevoir au sein du groupe auquel il s’identifie en fonction de sa propre situation à un moment donné.

Ainsi l’homme vit une vie qui peut aller, tant dans ses apparences que dans son ressenti, du plus terne au plus exaltant, sans avoir jamais été confronté à la nécessité de rechercher cette ‘’Vérité Cachée’’.

 



[1]  Citons dans le texte, une fois n’est pas coutume, Jean RASPAIL dans ‘’LE CAMP DES SAINTS’’: «(…) C’est le mot ‘’vérité’’ qui compte. Nous vivons une époque où seule la vérité fait peur. C’est un mot mystérieux. On ne sait pas ce qu’il cache. On ne veut pas savoir. On l’évite. Mais il fait peur. Et le moment venu, chez les peuples sains, il se trouve parfois un nombre suffisant de types qui ont tellement la trouille qu’ils se retournent au lieu de s’enfuir et font face à leur peur et lui courent dessus pour en détruire la cause. C’est ce que j’espère. Sans trop y croire. (…)»

[2] Rechercher Internet : ‘’Happy birthday – Mise en garde - VU-DU-TAIN’’

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