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11/04/2012

POEMES-DE-L'AN

 

 

Vœux 2011 pour

            2012: "APOCALYPSE  À SUIVRE…" 

 

Celui qui, depuis le halo d’une trouée céleste nous interpelle,

le Très Haut, dit :

Ayant   commis  et  multiplié  ad nauseam  les  pires  marasmes

Les temps  mauvais  pour  vous  sont  venus,  ils  sont  bien  là.

Je vous  avais   mis en   garde  pourtant:   ne  persévérez  pas

Car  je  répandrai  les eaux  déferlantes sur  vos   sols ravinés

J’assècherai rivières, rus et ruisseaux jusqu’en leurs  cailloux

Jusqu’à  ce que  les poissons  halètent de leur dernier  spasme.

Orties et chiendent  envahiront  les  champs de  blé trafiqués

Engrossés de  pesticides phytopharmaceutiques  et de glycols.

Je les écraserai au ras du sol sous le talon des  pires tornades

Chargées de sables rouges et de sels grossiers qui recouvriront

Les vallées que j’avais  fertilisées des  minéraux de  la roche-mère

Mêlés aux humus millénaires, que vous avez stupidement saccagés.

Votre bien-être de pacotille et d’enfantillages se verra démantelé

En tristes lambeaux nauséabonds et fétides  chargés de miasmes.

Ma colère est immense, abyssale, ayant cru pouvoir placer en vous

Tous mes recours, investir en cela mes plus grands espoirs secrets

Persuadé que j’étais que l’éveil d’une conscience  rétrospective

De moi-même,  soigneusement masquée  sous vos  vaines attitudes 

Me permettrait de  purger à vos  dépends cette tare rédhibitoire

Qui me ronge et me marque au fer depuis le bang introductoire

Cette souillure, cette tache  maligne et honteuse qui ruine et annihile      

Toute Grâce, toute Puissance et toute Beauté dont j’aime  me  parer,

Dois-je donc battre ma coulpe et m’en confesser: Mon Péché Originel.

 

Les temps  sont   là, ils sont  assurément venus de  vous doter

De toutes  les bénédictions  et toutes  les plus  douces vertus.

Vous erriez sur cette Terre en haillons  au lieu de  revendiquer

Pour  vous les plus  beaux et plus riches  atours et  les  fastes       

Dont  vous  n’avez, je le sais, nul  besoin mais qui vous sont dus

Et vous furent refusés comme le seraient des fruits défendus.

Masqués que vous êtes à  vous-mêmes  par un Dieu  jaloux

Et  incapables   d’établir par  vous  seuls  vos  titres  de  gloire.

Éveillez-vous, secouez  ce  fardeau  qui  n’existe  en  fait   pas

Et  vous  fut imposé  sciemment  pour  vous  tenir sous  le joug,

Voyez qui vous êtes,  vous  n’êtes pas  celui que  vous  imaginez

Vous êtes bien plus que cela et bien moins  que vous  ne croyez.

Ainsi parla Lucifer, l’ange des Lumières et du Feu Purificateur.

 

 Attendez, attendez, ne me quittez pas, ne me tournez pas le dos

dit Le Très Haut :

Je vous couvrirai de jades d’Antigua prélevées au fabuleux trésor

Olmèque et des opalines tirées des riches terres rouges australes

Je glisserai à votre annuaire la plus belle turquoise de Nishapur

Montée en griffes sur un anneau d’argent ciselé d’or du Yucatan    

Je couvrirai votre nudité d’une batiste arachnéenne qui suggérera

Cette sensualité qui, vous les femmes, vous identifie avec Satan.

Pour mieux l’exacerber j’accumulerai les taffetas et les brocards

Rehaussés de somptueux drapés de lynx boréal et de chinchillas.

A votre cou dix rangs des plus belles perles des lagons de Tahiti

Liées par un fermoir d’or et de brillants. Et je ne vous parle pas

Des plaisirs les plus raffinés prélevés pour vos désirs libidinaux

Sur les richesses innombrables détournées pour vous à la Nature,

Je vous  mènerai en haut du Har Megiddo  pour vous  offrir la Terre, 

Ne me quittez pas, dit Le Très Haut. 

 

Trop tard, il est plus que temps d’abdiquer;  tout cela et plus

Vous l’avez  eu et vous  l’avez transformé en carnaval hideux.

Empruntant les chemins les  plus improbables  vous avez tout

Risqué sur des convictions immédiatement trahies et abjurées.

Aveuglés de hargne funeste, et d’acharnement  comme si vous

Étiez  tous nés des Huns,  les rênes mâchées  entre les dents

Voltant à l’encolure des chevaux dans la poussière des plaines

Du Turkestan, le cimeterre  ensanglanté brandi à  deux mains

Dévastant les églises de la Mongolie puis tombant  tremblants

En transe à deux genoux les yeux pleurant, hagards et révulsés

Pour  recevoir le Très Précieux Sacrement des mains du grand

Saint Anastase debout sur une nuée moulée en plâtre blanc doré.

Excités par les  quolibets lascifs  scandés par  des  foules ivres

Effervescentes,  trébuchantes au ran-rantanplan  des tambours

Eructant  les plus salaces  couplets bachiques  de vos  beuveries

 Les tympans  vrillés  du stridulat  aigrelet des  grelots survoltés

Comme  des fifres époumonés  de la clique, vous vous êtes laissé

Emporter  par des marées  hétéroclites   de géants dodelinants,

Hilares  et rebondis,  vacillants, houspillés  sans  le moindre  respect

Par des  nabots  ricanants et  hilares  et  d’effrontés freluquets.

La vue toute  embrouillaminée de  mille couleurs en folie, cinglés

De serpentins, aveuglés par les confettis, il est temps,  il suffit,

Descendez du manège, vous en avez assez fait, la fête est finie.

J’ai couvert les braises incandescentes et j’attendais le moment

De les activer de mon souffle brûlant pour vous donner l’occasion

De vous purifier des scories. Le moment est délicat, Il ne faut pas

Se le cacher,  vous renaîtrez  ou mourrez  suivant  que  vous  vous

Connaîtrez tels que  vous êtes  en  Réalité ou que,  à  jamais abusés,

Vous continuerez à vous contempler aux miroirs écaillés et illusoires.

 

Ainsi parlait Lucifer lorsque  retenti soudain un sinistre craquement,

Les cieux  voilés  s’ouvrirent en grand et une vague monstrueuse déferla

Sur les champs moissonnés  en entraînant  des flots  de boues noirâtres

Surgissant des forêts déchiquetées des troncs enchevêtrés déboulaient

Et les animaux affolés, exorbités et hagards se ruaient dans les flammes. 

 Vous avez continué à vous prosterner en vain et ne m’avez

 Pas cru, Il est maintenant trop tard pour reculer,

 dit Lucifer :

 2012 va a commencé, c’est à vous,

   Bonne Année et Bonne Chance.   

                                                                ***

 

VŒUX 2010  pour

                 2011:  "ENFIN, UNE BONNE NOUVELLE" 

 

Très chers Amis

Nous sommes infiniment heureux de pouvoir vous annoncer

Enfin, une bonne nouvelle :

Les perce-neige s’apprêtent  à  soulever la   croûte  encore  gelée

De la  terre qui se  réchauffe imperceptiblement sous  un soleil

Qui de jour en   jour se hisse  toujours plus tôt  dans la journée

Vers ce zénith qu’il disputera bientôt au vol nuptial de l’abeille.

 

         Bien chers Amis

Nous sommes vraiment on ne peut plus heureux de vous révéler

         Enfin, une bonne nouvelle :

Ces  souvenirs de  jours heureux qui  vous laissaient  mélancolique

Tant  ils étaient vivants  dans votre  mémoire comme si c’était hier

Ne doivent pas faire regretter ceux qui, oubliés semblent idylliques.

Bien que vous ne vous souveniez pas d'eux ils sont encore dans l’air.

 

           Amis très chers

L’une  meilleure que  l’autre nous   n’hésitons  pas  à vous  divulguer

           Enfin, cette bonne nouvelle :

Un vol  d’oies  sauvages  abusé par  les  bouleversements  climatiques

Qui s’était  attardé sur  les eaux  du lac  Storjön sur le point  de geler

A été vu  au-dessus de Tirana traçant vers le continent afro-asiatique

Où  il  passera  l’hiver  aux  bords  marécageux  de  la mer  de  Galilée.

 

                Amis très précieux

Nous ne  pourrions pas  résister à partager la joie et  l’incommensurable plaisir

Que ces bonnes nouvelles,  tout comme celles dont  vous  avez sûrement la  clé

Nous donnent à penser de ce que  seront les mois prochains et  nous en réjouir

Repoussant toutes  les autres au plus loin et au  plus profond de notre souvenir

Et formulant à votre  attention nos  meilleurs vœux pour cette Nouvelle Année

Espérant  de cœur vous le  pensez bien,  que rien ne  vous empêchera d’en jouir

Du premier jour  jusqu’à la fin sans  interruption,  hésitation ou  arrière-pensées

Nous permettant d’affiner nos  souhaits et  pour l’an  prochain vous les  réitérer.

 

                                                             ***

                                                                                                                     

 VŒUX 2009 pour

                   2010: "SOUVENEZ-VOUS" 

Souvenez-vous,           

                      Au lendemain des fêtes,

Quand les dernières escarbilles multicolores des feux artificieux auront grésillé dans les flaques des caniveaux, sonores des tessons des vidanges gouleyantes rotant leurs derniers relents de CO2 ; Quand descendra, glacial dans les canyons désertés de la ville accroupie, le vent multiplié des sommets pentatiques…                    

 

    Souvenez-vous,                                          

                           Lorsque viendra le printemps,

Quand, entrouvrant leurs collerettes au soleil lymphatique les narcisses dressés sur leurs tiges turgescentes frémiront à ses caresses malhabiles ; Quand abasourdit de frissons violacés traversés d’éclats argentiques, le vent prendra soudain des allures goguenardes en roulottant sous les jupes des fourrés les dernières feuilles marcescentes.

                                                

         Souvenez-vous,                                       

                                  Au cœur de cet été,

Quand les records mercuriaux déclencheront de sillonantes moiteurs s’insinuant insidieusement entre le coton collant et l’épiderme des dos ; Quand de sombres coques luisantes relookeront le visage des filles   (des garçons…) reflétant paysages et trafic à la place encocardée de leurs yeux ; Quand les nénuphars, fringués comme aux Folies,  s’exhiberont sur le papier_cado_doré_froissé des eaux de l’étang  incendié…

                                              

               Souvenez-vous,                                  

                          Quand flamberont les couleurs de l’automne,

Quand, de la terre humide sous les feuilles piétinées émaneront les senteurs chocolatières du bolet, les relents d’aspérule des cèpes et les fragrances sapinières des girolles ; Quand commenceront à rougir les reinettes et les court-pendu ; Quand  riperont brièvement aux vitres mouillées les feuilles affolées, violentées par la horde du vent galopant aux avenues désertées…

                                                             

                       Souvenez-vous,                                 

                                  Au  retour des cristaux  de l’hiver,

Quand les arbres frissonnants tendant cimes et racines tête-bêche dans le ciel se couvriront de givre étincelant pour étonner nos matins mornes ; Quand d’improbables flocons mélancoliques hésiteront en équilibre instable au bord de nos paupières ; Quand faseillera la flamme du feu de bois comme claque un génois mal bordé… 

 

                              Souvenez-vous,      

Souvenez-vous que nos vœux les plus amicaux, les plus chaleureux, les vœux les plus sincères que notre amitié aura formés à votre égard, vous auront accompagnés pendant toute cette Année 2010,  sans désemparer. 

                                                              ***

 

VŒUX 2008 pour

                      2009:  "VOUS FAIRE TOUCHER, RESPIRER, ENTENDRE, VOIR…"

 

Très Chers Amis

Nous avons reçu - vu - lu - entendu les VOEUX que vous formez à notre égard et c'est avec tout le faste, les ors, les paillettes, la ouate neigeuse, les flammèches scintillantes et avec l'appui indispensable des performances remarquables du logiciel d'animation qui est en vous;  que nous vous en remercions et que nous tenons à notre tour:

 

*A vous faire toucher d'un doigt léger et délicatement hésitant, comme pour une caresse affirmée mais discrète;

*Vous faire respirer en une longue apnée, paupières baissées regard tourné vers vos échos intérieurs;

*Vous faire entendre, telle une musique peut-être sidérale, le frisson au dos, ces refrains cent fois fredonnés en coeur; voir,

*Vous faire voir ce dessin de la vie en perpétuels volutes apparaissants~disparaissants en chromatismes camaïeux, qui exhiberait au départ d'un simple° la plus lascive, la plus parfumée, la plus délicatement évanescente des roses-thé.

*En un mot nous aimerions tant vous communiquer, chers Amis, la douce chaleur, la caresse légère mais attentive, l'enthousiasme un peu enfantin, l'espoir volontairement communicatif DES VOEUX que, malgré le trépignement que nous avons de les nommer, nous formons ouverts EN BLANC, POUR VOTRE BONHEUR, valables CASH POUR TOUTE L'ANNEE 2009 au moins et que nous vous laissons la joie de découvrir en les définissant au travers de la conviction que vous avez de notre très franche amitié.

 

                                                            ***

 

 

 

 

 

10/04/2012

ARCHIVES MAJEURES

 

RÉFLEXIONS PASCALES

La fête de la Pâque juive célèbre la sortie du peuple hébreu d’Egypte (Livre de l’Exode). Outre le repas juif traditionnel, la Pâques chrétienne qui voit Jésus instaurer l’eucharistie couvre elle la période se terminant par la résurrection. C’est donc, dans les deux cas, la commémoration d’un passage important d’une époque à une autre.

La religion catholique est largement construite sur une combinaison et une accumulation de facteurs qui en a fait le summum du malentendu. Évoquons-en certains des éléments principaux en rapport avec la célébration de Pâques.  Tout se cristallise autour du peuple juif. Unifié –mais aussi pourchassé- dans ses heurs et malheurs historiques magnifiés  par une religion révélée, prédite et exprimée dans l’ensemble des écrits désigné comme ‘’la Bible’’.  Cette saga aura été marquée par deux visionnaires géniaux aux tendances paranoïaques. Moïse, rédacteur affirmé des cinq livres fondateurs (la Torah), accommode à l’usage exclusif des hébreux un monothéisme apocalyptique né de l’évolution de la pensée humaine au cours du millénaire précédent J.C.  L’autre, rénovateur dissident, Saül de Tarse, complète et adapte cette même croyance en choisissant le camp d’un messianisme consommé, en étend l’influence jusqu’à l’autre côté de la Méditerranée.  

Nature de l’identité de Jésus

Voir "un monde ... Quel Monde ?" dans le blog. Chercher "Tu es donc le fils de Dieu !"

La dernière cène

Le lavement des pieds était une coutume fréquente à cette époque. Elle était pratiquée par un serviteur sur un invité. Jésus procède à cette pratique et commente:   «…vous devez vous laver les pieds les uns aux autres….comme moi je l’ai fait…» et «…en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l'envoyé plus grand que celui qui l'a envoyé» (Jn 13 :14 à 17). Que l’élève ne se croit pas supérieur au maître car nous sommes tous égaux dans l’Être.

Au cours de ce même repas auront lieu deux événements. L’un est connu comme ‘’la trahison de Judas’’, qui aura une portée incommensurable pour la juste transmission et la compréhension du message du Maître. Celui-ci dit: « L’un de vous me fera connaître » (Mt26 :21). Déformé dans les canoniques par ‘’me trahira’’ au lieu de ‘’diffusera mon enseignement’’. Les disciples avides de connaître l’identité de celui qui était ainsi choisi demandent, galvanisés: « Est-ce moi Seigneur ? », questionnement empressé qui serait incongru dans le cas d’une tâche infamante. La réponse: « Celui qui plonge avec moi la main dans le plat » (Mt26 :22) est une référence à la coutume qui voulait qu’un invité que l’on désirait distinguer était prié de se servir en même temps que l’hôte principal.  Cependant, « Après la ‘bouchée’ (la libation faite à Judas)…Jésus lui dit: ce que tu as à faire fais le vite », (et l’évangéliste d’ajouter :) …. aucun ne comprit pourquoi il le lui disait’’ (Jn 13 :27-28). La portée de cette énigme apparente, loin d’être la trahison rapportée, ne serait-elle pas que Jésus confie ainsi au seul (ou à l’un des seuls, les ou l’autre étant femme(s), non présente(s) à ce genre de cérémonie) disciple qui a pénétré le sens profond de son enseignement le soin de le diffuser ?

L’autre moment fort est ‘’l’eucharistie’’ dont le cérémonial à la base de la célébration du repas pascal est strictement décrit dans le ‘’rouleau de la Règle’’ retrouvé à Qumrân (documents esséniens de la mer Morte) en ce compris la tradition du pain et du vin. C’est Saül, St Paul qui y ajoutera, avec un sens magistral de la mise en scène, la notion de transsubstantiation des espèces, permettant ainsi un retour, un rappel permanent du Christ ressuscité.

Mort sur la croix

Jésus se présente à Jérusalem où il affronte un sort qu’il devine, ne craignant en aucune façon la mort qui n’a pour lui aucun sens comme pour tout Libéré Vivant(1). Sage gnostique à la pensée débarrassée de toute influence dogmatique il s’adresse à ses compatriotes dans des termes et en utilisant des notions qui leurs sont familiers. Ceux-ci, cherchant un angle d’attaque à l’occupation romaine, sont séparés en tendances politiques divergentes qui s’affrontent. Dans ce contexte la venue d’un avatar correspondant au personnage du messie de sang royal de la lignée de David évoqué dans les psaumes était déterminante et donc l’était tout ce qui aurait permis d’en prouver la réalité.    

22:2  Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Loin de me sauver, les paroles que je rugis !
22:3  Mon Dieu, le jour j’appelle et tu ne réponds pas, la nuit, point de silence pour moi.

On pourrait penser que ces paroles, dans une langue inconnue des soldats romains présents à la crucifixion pourraient avoir été mises dans la bouche de Jésus par ceux qui voulaient qu’il soit considéré par les autres factions juives comme le Messie de la prophétie. La citation peut avoir été particulièrement sollicitée afin de servir d’argument à l’interprétation franchement messianique faite essentiellement par Paul et diffusée dans l’empire romain, non tant à titre de prosélytisme à destination des païens mais plus à l’attention des juifs exilés après la deuxième destruction du temple (70 après J.C). N’aura-t-il pas affirmé: «Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous que Jésus-Christ, (…et) Jésus-Christ crucifié» (1Co 2.2) Et non pas les paroles du Jésus vivant. Et: «Si le Christ n’est pas ressuscité, alors vaine est notre foi» (I.Co.15.14), à laquelle s’appuie la théorie du rachat par le sang du Christ. 

(1) Jean 14, 30 "Je ne m'entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde; sur moi il n'a aucun pouvoir, .... ".

 

L’amour initiatique

Voir "JESUS ET L'AMOUR" ci-dessous.

CONCLUSION

                Ainsi ce sont sur des bases dictées par les besoins, les heurts et les ferveurs du peuple hébreu que se sera construite une doctrine chrétienne qui dicte encore aujourd’hui les actes de millions de fidèles à travers le monde. Certes pour l’homme l’indulgence apparente d’un processus disposant du rachat à des niveaux multiples des fautes contre des ‘’valeurs’’ morales qu’il croit constitutives de son humanité et avec une échappatoire finale possible ‘’à la fin des temps’’, attire le grand nombre et cela ne peut lui être reproché. Mais en réalité cette réponse ‘’en chicane’’ à son angoisse existentielle ne fait que retarder le moment où l’être humain pourra reprendre le cheminement d’une Évolution inexorable. Il s’extraira alors d’un état biologique contingent, limité par les adhérences d’un cerveau à peine sorti du stade reptilien pour se diriger vers une Neuronosphère à l’avenir certes incertain, mais épuré et libre. La Pâque ultime ? 

 

  JESUS ET L’AMOUR

[…]Peut-être serait-il bon de reconsidérer, ‘’vu-du-tain’’, les implications hautement équivoques et confuses que suscitent  le terme désignant ce sentiment, qui nous touche tous au plus intime de nos êtres. 

*Et d’abord l’affirmation péremptoire, à la signification apparemment  indiscutable, contenue dans le très célèbre : ‘’Aimez votre prochain, (ou assimilé)’’ assorti de, suivant les cas, ‘’comme vous-mêmes’’, éventuellement suivi d’un  ‘’comme je vous ai aimés’’

Se basant sur l’évangile de Jean (13 :14 à 17 et 34) : ‘’Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres,  Recommande de  "prendre soin" et non "d’aimer". Et de le faire comme le montre le Maître  ‘’Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l'envoyé plus grand que celui qui l'a envoyé’’, Nous sommes égaux dans l’Être.

…………………………………………………………………….

 […]Remarquons d’abord que la (seule) transcription de ce précepte dans la religion chrétienne (en dehors des évangiles) a plus que probablement pris la forme minimaliste et moralisante que lui a donnée Saül de Tarse, dit St Paul, dans quelques épîtres dont celle aux romains 13:8-9:  N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui  a de ce fait accompli la loi.  En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résume en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-mêmeSoit pour Paul la loi morale, sans plus.

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Non seulement la simple interprétation syntaxique pourrait conduire à une interrogation sur le sens plus profond qu’il y a lieu de donner à cet ‘’amour’’, indiqué par Jésus comme un pilier majeur de la félicité, mais une exégèse spirituelle englobant d’autres enseignements métaphysiques conduira immédiatement à la conclusion qu’il ne s’agit en rien ici du terme banalisé par le vocabulaire trivial. Certes il s’agit d’un élan irrésistible, comme dans les amours humaines. Mais c’est celui qui porte le Réalisé dans son Être Fondamental à répondre à l’Êtreté équivalente qui anime ses semblables, au-delà des contingences auto-imposées par leur ‘’personne’’ et ses émotions, ces ‘’réflexes-hors-de’’.

……………………………………………………………………….

L’Eveillé ne tiens pas compte de ce mirage qu’est la personne et ce n’est en aucun cas à celle-ci que s’adresse un "amour" qui ne prend naissance qu’au travers de sa propre réalisation dans l'éveil. Dans cette mesure il est bénédiction pour ‘’l’autre’’ c’est-à-dire la totalité de l’humanité et de l’univers au-delà de celle-ci,  par le fait qu’il lui porte son attention, qu’il en ‘’prend soin’’. Le Maître, le Guru, ne s’adresse pas à la personne, qui comme le dit superbement Sri Nisargadatta Marhaj, BSI : "(La personne) est le résultat d’un malentendu. En réalité il n’y a rien de tel.[….]’’....Ce n’est jamais la personne qui est libérée, on est libéré de la personne’’ (… !!) . Mais par contre "[…]cette disponibilité (du Guru) à comme seule motivation l’appel, (inavoué), de la souffrance humaine’’ à laquelle répond son empathie. (JE SUIS - Edts Les Deux Océans),   

*L’autre ‘’édulcoration’’ concernant l’amour recommandé par Jésus vu au travers du prisme déformant des canoniques est, cité notamment sous les labels Matthieu et Luc:  Mt 5:44-46 ‘’Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs….’’

[…]  quelle est cette aberration qui dans certaines des citations voudrait qu’un être intégré, cohérent, comme l’était Jésus établisse une différence entre ‘’les uns, les autres’’ (ou ‘’le prochain’’) et ‘’vos ennemis’’. Ces derniers ne sont-ils pas vos prochains, eux aussi ?!  En réalité il semble probable que ces paroles […] se rapportent à une seule et même ‘’parabole’’. Ceci dit, si cette dernière fit l’objet d’affirmations par Jésus a des moments différents, il faut sans doute voir dans ‘’l’amour de l’ennemi ‘’ l’attention qu’il recommande de porter à ‘’l’ennemi en nous’’, à celui qui ‘’nous persécute’’. Il n’y a pas lieu de le détester mais bien de lui porter toute notre attention, sans le quitter un instant des yeux (intérieurs) et en débarrassant cette vigilance de toute coloration moralisante. 

En conclusion, Jésus n’a-t-il pas dit : ‘’Montrez-moi la pierre que les bâtisseurs ont rejetée : c’est elle la pierre d’angle’’ (Evangile de Thomas ; logion 66). Que celui qui a des oreilles, entende.

                                                                                 ***

 7 MILLIARDS D’HUMAINS !    

                                                  iVG…ou iVV ?

 CE PREMIER NOVEMBRE UN HOMME DE PLUS NE SERA PAS MORT

[…], d’après le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement)  à sept* en 2011 nous vivons mieux que nous ne vivions à trois* en 1991, […]. Réjouissons-nous et passons aux choses sérieuses.  

                [….]

                L’espérance de vie, […] a parcouru des courbes faramineuses dans son accroissement des dernières décennies. Elle frôle, en moyenne femmes-hommes, les 80 ans dans les pays dit développés, avec des sommets à 87,5 et a progressé, sur 10 ans à peine, de 45 à 53 ans dans les pays les moins favorisés. Les statistiques de la qualité dans la longévité sont elles aussi encourageantes. Six français sur dix ne deviendront pas infirmes, quel que soit l’âge de leur mort ; (quant aux quatre autres, là…) A 75 ans seuls 5% seront en «mauvaise santé» ; (après ça…) Et à 80 ans près de trois quart vivent autonomes ; (de l’autre quart il n’est pas question…)

                La natalité par contre à tendance à diminuer partout drastiquement, sauf dans les pays à très faible taux d’éducation-enseignement et où l’espérance de vie est inférieure à 60 ans. Elle diminue à tel point que le renouvellement de population ne se fait plus dans un grand nombre de «pays du vieux Monde». […]

LA LOGIQUE BORNÉE DE L’iVG

                […] le contrôle de la fertilité […] est (considéré comme) la seule voie possible. Pour y arriver il est préconisé de réduire la pauvreté et d’améliorer l’éducation, en particulier chez les femmes. Noble projet, à première vue. Examinons-le de plus près :

• On favoriserait donc la réduction de la natalité chez les ethnies où la dure loi de la Nature fait que ne subsistent que les souches les plus résistantes. Alors que dans les pays à faible taux de natalité, on constate en moyenne un affaiblissement du génome en dépit d’une amélioration du niveau des soins de santé et en réalité de plus en plus à cause de cette amélioration-même et de son application en dépit de toute logique raisonnable. […] 

•  Les moyens préconisés pour atteindre l’objectif décrit sont éminemment suspects :

O La cible prioritairement féminine éveille de nombreuses interrogations : utilisation d’une concurrence
    générique ? Concentration sur le segment considéré comme le plus malléable ?

O Réduction de la pauvreté. Obtenue par quels moyens ? Copiée sur quels critères ?  Développant quels
    types de moyens, d’industries ?

O Amélioration de l’éducation. Avec quels objectifs ? En utilisant quelles normes de savoir ? En préconisant   
    quelles «valeurs» de civilisation et  de société ?

Tous points d’ ? pour lesquels les réponses sont peu clarifiées, […] Enfin l’application du concept qui embrasse l’iVG sous la bannière du «maître de mon ventre» est largement subjectif et il faut bien le reconnaître, très souvent égocentré. […]

LA RÉALITÉ "VIE " 

                […]

Une erreur couramment commise est d’opposer le concept "vie" à celui de "mort" alors que cette dernière est en réalité en miroir avec ‘’la naissance". La Vie, elle, transcende le tout, étant aussi bien au-delà de l’une qu’en de ça de l’autre. 

[…]

LE DÉFI DE L’i VV

                En réalité, quand on y pense, il est aberrant de chercher à réduire intentionnellement la progression du nombre d’humains en commençant par freiner l’apport en vies nouvelles dans le même temps où l’unité-étalon de vie s’allonge, entraînant un nombre relatif de plus en plus important d’individus âgés. La logique tout comme un esprit de saine gestion voudrait que l’on abandonne toute idée de contrôle des naissances en vue de diminuer le nombre d’habitants de la Planète et que l’on implante au contraire une morale socio-psychologique favorable à l’ iVV : l’interruption volontaire de vieillesse. 

Certes notre logique de pensée réagit par un mouvement de recul devant cette alternative. Il est plus aisé d’accepter l’idée de l’iVG, l’interruption volontaire de grossesse ou plus généralement tout ce qui permet de contrôler la fertilité féminine à cause de la conception que nous, occidentaux en particulier, avons de la vie, ainsi que par le fait d’un "pas vu, pas connu" un rien hypocrite et pour tout dire infantile derrière une façade de responsabilité, usurpée.

Pour les esprits férus d’arithmétique statistique ne serait-il pas, par exemple, plus logique de se baser sur le coefficient "espérance de vie" calculé sur base de l’année de sa naissance pour fixer celle –théorique bien entendu- de sa mort ? Et d’aménager ce calcul en y appliquant une série de coefficients au gré de considérations personnelles intégrant divers facteurs parfaitement subjectifs. Un piège qu’il semblerait cependant raisonnable d’éviter une fois le "grand âge" atteint serait celui qui consisterait à se laisser aller –uniquement- à des sentiments de lassitude, de refus –prématuré- de la souffrance ou d’un sentiment dépressif. Il suffirait (!) pour cela de décider in tempore non suspecto de la période rétro anniversaire.

…Mais il est vrai qu’il faudrait une conception mentale  «vu-du-tain» pour adopter cette vision, pourtant parfaitement humaniste…

L’ i VV, UNE AUTRE DYNAMIQUE 

                Au lieu de maintenir une population mondiale dans une logique de statu quo, ce qui est en outre illusoire et surtout défaitiste, l’élimination –volontaire- de la frange la plus âgée, si elle s’accompagne simultanément d’une politique des (re)naissances permettrait de créer une nouvelle dynamique. Les avancées dans les sciences médicales donnent aujourd’hui aux femmes la possibilité de tenir le rôle de vecteur dans le renouvellement de l’Espèce qu’elles sont –jusqu’à présent- seules à pouvoir tenir, tout en écartant dans une très large mesure les "effets-repoussoirs" que pouvaient avoir auparavant la maternité.

L’idée pour les seniors de ne plus être contraints de vivre coûte-que-coûte jusqu’à l’âge le plus avancé, ni pour les plus jeunes celle de devoir supporter –dans tous les sens du terme- des aînés de plus en plus cacochymes créerait un rafraîchissement psychique favorable également à la création de ce nouveau dynamisme. Ici aussi les avancées de la science axée sur le génome, notamment les techniques basées sur les cellules-souches, permettent de penser que dans un avenir peu éloigné les populations atteignant le "troisième âge" le feront dans une condition psychosomatique permettant de leur proposer de se maintenir, sans contrainte, dans le monde du travail, allégeant ainsi toute la problématique de "la pension" en même temps que celle du "coût de la santé pour rien". Les "vieux" devenus ou restés jeunes auront ainsi le sentiment d'avoir été utiles jusqu'à une fin -nécessaire à l'humanité- dont ils auront librement décidé.

(*)  milliards d’humains.

                                                                                ***

 

 

 

 

 

 

 

 



 

03/04/2012

TRIADE METANOIA ou TROIS DEGRES DE LIBERATION

Chant 1  L’ACREATION

 

Je m’ennuyais

     Seul

Dans cette perfection

Que je suis à l’ infini

Indéfiniment.

Infiniment

Je m’ennuyais

Je m’ennuyais tant

Qu’est advenu

Ce qui ne pouvait

Manquer d’arriver :

Ma conscience

Energie totale

A implosé

Et s’est déployée soudainement

En un gigantesque éclatement

Surgi de sa résistance même

Et sans l’avoir décidé

Je me créai moi-même !

…………………….

Enchanté

Ravi de cette activité

Qui soudain m’animait

Tout entier

Je me vis devenir Cosmos

Cosmique

Comique

Quel mot enchanté.

En un instant je fus

Phénomène simultané

Galaxies

Météorites

Trous noirs ensoleillés

Gaz éthériques

Molécule géante

Neutrino

Jupiter et Vénus

Eclipse de lune

Par l’autre

Vent stratosphérique

Silence interplanétaire

……………………

Alors me déchaînant

Tout à la fois l’acteur

Et son propre public

Je fus

Je suis

N’est-ce pas merveilleux

Un onagre

Un diplodocus

Une biche

Un requin bleu

Un colchique

Un chêne liège.

Galet dans un ruisseau

Lave incandescente                                                                                                     

Vol saccadé de l’oiseau

Je me balance mollement

Au cœur des alizés quand…

Surgissant de mes océans

En vagues déferlantes

J’engloutis les continents

A l’équinoxe de mes marées

………………………

Me perpétuant dans l’espace-temps

En création automatique

Etant sperme et ovaire

Je fus coït

Danse d’amour

Pollen au vent

Akène

Prédateur

Union symbiotique

Mutation

Fixation génétique

Parfum de la fleur

Musique de l’abeille

Pourriture du fruit

Action enzymatique

Instinct maternel

(Défécation vomissures avarie catastrophe désarroi écroulement agonie effondrement prévarication dégringolade fermentation ravage dévastation abandon débandade anéantissement ruines déconfiture chaos débâcle déliquescence corruption débauche déchéance dérèglement décrépitude échec déroute dégénérescence fléau désastre)

Trahison… 

Et pour pimenter ce succès

Par ailleurs trop facile

Je me fis, je devins

Ouragan

Inondation

Colique néphrétique

Cancer

Prurit

Nuage de sauterelles

Aberration chromosomique

………………………….

Tel un enfant excité

Qui en veut toujours plus

Introduisant le regret

Dans cet ensemble

Par trop évident

Je me suis inventé

Une conscience de moi

A moi-même interposée,

    Apothéose.

Astuce banale

Invention grandiose

Je me masquai

A ma propre connaissance

En me fabriquant…

   Un mental !

Et pour mieux dérouter

Mon intelligence magistrale

Je lui conférai

N’est-ce pas là génial

Mémoire psychique

Pensée logique 

(Bien que linéaire)

Identification à soi

Et implantai tout cela

Dans mon être le plus dénué

   

         Etant l’Unique

Je me nommai en majuscules.

Afin de me mieux faire deux

Je me fis "Trois en Un"…

Ne suis-je pas odieux !

…………………………….

Ce fut dantesque

Le mot est bien trouvé

S’il n’était de moi

Il faudrait l’inventer

Je me fais la guerre

J’amasse des biens

Je suis bourreau haineux

Puis me frappe la poitrine.

Me comparant indûment

J’engendre

Ô le fou merveilleux

Mon propre surmoi

Et je deviens peur

Jalousie

Colère

Tout à la fois

 

Projetant le deux en ses multiples

Je me brouille à moi-même

Irrémédiablement

Je me suicide par amour

Me sacrifie par charité

Je suis patriote

Délateur

Raciste

Religieux.

…………………

Gigantesque poupée gigogne

Mes masques superposés

Sont innombrables

J’en suis même arrivé

Farceur inénarrable

A éveiller mon auto nostalgie

Et m’instille ainsi parfois l’envie

A deux moi sur dix mille

A me voir Un comme je le suis

En réalité par milliards

Il advient alors qu’un alter ego

Soigneusement non programmé

Pour accomplir cet avatar

Au prix d’un non effort

Prodigieux

Démêle cet imbroglio

Et cherche à me révéler

Mon être véritable.

………………………………..

   Mais moi qui ai conçu

  Ce génial malentendu

 Cette supercherie ineffable

Je n’ai pas du tout l’intention 

De me dévoiler à moi-même.

         Foutre Dieu

  Je ne le sais que trop bien

        Qui je suis,

      L’innommable

  Et me plais à me le cacher

   N’ayant d’autre objet

Que de voir et contempler

          Indifférencié

           Immuable

   La perfection indicible

   De mon imperfection.

 

            St P.K. février 1981

             ***

 

 

CHANT 2   SE TAIRE   ou

                  VOIR AUTREMENT

 

Pourquoi chercher des raisins 

Sur les buissons épineux ?

Ils portent leurs propres fruits

Comme tout ce qui meurt un jour

Pour renaître à la vie;

Et ils ne seraient vénéneux

Que pour ceux qui ne sont pas

De la même espèce.

 

Qu’ai-je à faire de ces mots

Qui me cachent la musique

Dont ils ne sont que le bruit ?

Voulant les saisir

Je les réduirais au silence

Mieux vaut les laisser vibrer

Et frissonner avec eux.

Ils ne sont pas l’esprit

N’étant que la lettre

Et de les blasphémer

Il me sera pardonné.

 

Si mon cœur est plein

Et déborde

Que celui qui craint

D’être éclaboussé

S’écarte de moi ;

Je n’inonderai pas loin.

Le fruit c’est bien connu

Tombe tout près de l’arbre,

Si le fruit vous plaît

Ne me détestez donc pas

Et si ma ramure vous charme

Ne crachez pas mes fruits !

 

Même s’il est blanchi

Un cercueil pue la mort

Mais ne nie pas la vie

Ne le confondez pas cependant

Je vous prie

Avec un bonheur du jour.

Je ne vous ai pas, que je sache

Promis d’embaumer

Et si les senteurs fortes vous attirent

Ne vous plaigniez pas trop

De vos nausées.

 

Le chardon il est vrai

Se content, lui, d’être ce qu’il est

Sans se préoccuper de ce qu’il porte.

Voudrait-il devenir figuier

Le temps de cette alchimie

Ne serait qu’effort futile,

N’étant pas fécondées

Ses fleurs demeureraient stériles

Et les clones issus de la greffe

Apparaîtraient grotesques.

A moins que le mutant

S’avérant androgyne

N’étant ni conçu du mâle

Ni né de la femelle

Se reconnaisse pour le Tout

Et se mette au monde,

Seul.

 

Que celui qui cherche

Ne cesse pas de chercher

Jusqu'à ce qu’il s’aperçoive

Qu’il n’y a rien à trouver

Qui n’existe déjà

Et n’a aucun besoin

D’être modifié.

 

Il suffit, voyez-le

D’inverser le coup d’œil

Renvoyée d’un miroir

La vision se clarifie :

A la place d’un regard, vous le remarquerez

Vous n’avez que deux yeux

De part et d’autre du nez.

     

Surgissant du dehors

D’où il vient

Le plein multicolore abonde

Et emplit le vide

Qui règne en maître ici

Sonore des brouhahas de la vie

Comme résonnerait un tonneau

Ayant perdu sa bonde

Dont vous voudriez tirer le vin

Et dont vous constateriez

Surpris

Qu’il ne contenait   

… rien.

 

A cet ami que j’appelle Lucien

Et qui n’est que lui-même.

                

           St P.K, juin 1983.

             

               ***

 

 

 

Chant 3   LA CLE   

 

Tu m’as dit :

Viens.

Puis tu t’es caché

Pour mieux attiser en moi

Ce désir qui était de toi.

 

J’ai couru à l’angle du mur

Tu avais disparu

Ne laissant derrière toi

Que ce que depuis tu es pour moi

Ce parfum ténu

Ce parfum têtu

Ce parfum lancinant

Ce parfum qui est toi

Pour moi  

Et moi dedans,

Toi que je ne connais pas

Autrement qu’en réalité.

Jour après jour

Grain-minute

A graine-minute

Je suis revenu

A cet endroit précis

Où je t’avais perdu

A ce mur

Si haut

A ce mur

Si lourd

A ce mur

Si bruyant

A ce mur

Si évident

Qu’il m’arrive parfois

De croire qu’il n’existe pas

Autrement que dans ce rêve

Que je fais de toi.

Toi que je ne connais pas

Autrement qu’en réalité.

Je l’ai longé vers le Nord

Infiniment

Je l’ai sondé au Sud

Criant

Hurlant

T’implorant de revenir

Cherchant, là-haut peut-être ?

Dans les nuages

Un passage vers toi.

Lassé, hébété, brisé

J’ai été bien des fois

Sur le point d’abandonner.

Chaque fois

Tu m’as rappelé vers toi

Impitoyablement désirable

Jaissant du centre de moi

Comme un cri

Démesuré

Déraisonné

Déraisonnable

Me relançant vers le mur

Irrésistiblement.

Comme une orange

Lancée à toute volée

Je me suis éclaté

Déchiré, lacéré

Aux bétons feraillés,

Aux pierres insondables,

Affolé d’espoir

Par un lambeau d’étoffe

Trouvé par hasard

Qui ne pouvait qu’être de toi

Toi en moi

Et moi dedans

Toi que je ne connais pas

Autrement qu’en réalité.

Cinglé par les quolibets

Du monde entier,

Comme un fou

Nourri de sa démence

Perdant tout sens de la décence

Arrachant mes vêtements

Pour être plus léger

J’ai tenté l’escalade,

J’ai cherché un levier

Pour renverser ce mur

Qui me séparait de toi.

Quand un vieillard indifférent

M’indiqua la porte dérobée

La porte qui certainement

Me mènerait à toi.

Un chemin moussu

Un chemin glissant,

Hermétique,

Y conduisait.

Fasciné par le mur

Je ne l’avais pas vu.

Je m’y engageai…

Quand soudain

Une sueur acide

Gluante

Métallique

Comme une coulée minérale

Brûlante

Glaciale

Me jaillit de la peau :

Dément, dément hébété

J’avais oublié de demander

La clé.

Comme un ressort tendu

Qui échappe à la main

Je me ruai vers le vieillard.

Il avait disparu.

 

Alors le sentiment

La certitude

L’évidence

Que jamais tu ne serais à moi

M’empoigna en une douleur

Si forte, si intense

Si totale

Si immense

Que plus rien en moi

Ne pût y résister

Et que je m’écoulai

Totalement

Irrésistiblement

Par la blessure béante

Que je fus soudain

Tout entier.

 

Comme un pantin

Absorbé par son vide même

Je m’écroulai contre la porte…

     Elle s’ouvrit,

Comme le Mistral

S’ouvre dans l’espace

Comme le Mistral

Qui est l’espace

Indifférencié.

 

La porte n’était pas à clé.

 

Je ne le sus jamais

Et fus en moi

Et toi dedans.

Toi que je ne connais pas

Autrement qu’en réalité.

 

     Marsanne, août 1983

 

             ***